Arabia Monitor, Expert du Monde Arabe
juin 22, 2012 Poster un commentaire
En Europe, les entreprises en mesure d’apporter une expertise sur le monde arabe ne sont pas nombreuses. Basée à Londres, Arabia Monitor fait partie de ces entreprises qui réalisent des études pointues à destination des décideurs. Rencontre avec Florence Eid, la fondatrice.
@LARUEARABE : Pouvez-vous nous présenter Arabia Monitor ?
Arabia Monitor a été fondée en 2010 avec pour objectif de dénicher les opportunités d’affaires les plus intéressantes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La société a son siège social à Londres et nos analystes – originaire de la région MENA – travaillent depuis New York, Toronto, Le Caire. Arabia Monitor repose sur l’expertise du Dr Florence Eid ainsi que sur celui d’un conseil consultatif composé d’éminentes personnalités : son altesse royale le Prince Turki Al Faisal bin Abdul Aziz Al Saud, Mr Victor Chu et le Dr Richard Debs. Nous publions tous les trimestres notre produit phare : la revue Mena Outlook et nous réalisons des prestations sur mesure pour une clientèle haut de gamme comme Arab Banking Corporation, Cambridge Associate, General Motors, Total, Deloitte et State Street Global Advisor.
@LARUEARABE : Les investisseurs sont généralement attirés par la Chine, le Brésil ou l’Inde. Pourquoi il y a un désintérêt de leurs parts pour les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ?
En tant que membre de l’agenda régional du forum économique mondial pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, notre mission n’a jamais été aussi importante qu’en ces temps troubles. Bien que nous comprenions le scepticisme des investisseurs à l’égard du Moyen-Orient et leurs préférences pour les marchés émergents matures, nous nous autorisons à délivrer à nos clients des conseils pour des perspectives d’investissements à long terme. Nous considérons que la région MENA sera le prochain marché émergent. Dans notre dernier numéro (MENA Outlook, premier trimestre 2012), nous avons développés la thèse selon laquelle les nouveaux pays industrialisés d’Asie constituent un modèle pour les pays du conseil de coopération du golfe. Nous observons des similitudes entre les nouveaux pays industrialisés d’Asie (Hong Kong, Corée du Sud, Singapour et Taïwan) et les pays du conseil de coopération du golfe : ce précédent historique nous permet de faire des projections sur le futur profil économique des pays du conseil de coopération du golfe. Les conclusions de cette étude originale révèlent que l’amélioration de la balance des paiements courants et du PIB par tête ainsi que la forte contribution des facteurs de production tirent la croissance de ces pays vers le haut.
@LARUEARABE : Pourquoi les leaders occidentaux n’ont pas vus venir le Printemps Arabe ?
Dès 2010, Arabia Monitor avait révélé la taxonomie d’un nouveau paradigme qui allait émerger dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Lentement mais surement, les divergences croissantes entre les pays exportateurs et les pays importateurs de pétrole en matière de croissance économique et d’équilibre budgétaire allaient entraînés la colère de la rue. De plus, la résistance au changement et l’enracinement de régimes dictatoriaux étaient les principales raisons pour lesquels les dirigeants du monde entier n’avaient pas vu venir ces soulèvements populaires. Par ailleurs, l’un des facteurs qui a joué un rôle déterminant dans ces révolutions ont été les réseaux sociaux. Les caractéristiques de ces nouvelles plateformes digitales sont de rassembler les jeunes de la région et de coordonner leurs prises de décisions. Ces outils leur ont également permis de découvrir de nouvelles informations provenant d’autres sources que les médias traditionnels en plus de créer un sentiment de solidarité entre eux. En conséquence, les divergences économiques et sociales entre ces pays ne peuvent plus être ignorées. A l’avenir, des mécanismes financiers de solidarités intra-régionaux devront être étendus pour mettre en œuvre un Plan Marshall à l’échelle régionale et soutenir les pays en transition.
@LARUEARABE : Quelles solutions pour sortir de la crise ?
Malgré le partage d’une langue commune, d’une proximité géographique et historique, l’espace « MENA » est la région du monde qui a le plus faible niveau de commerce intra-régional. Bien que des différences notables existent entre les pays arabes et européens. Les pays de l’espace MENA font plus d’affaires avec les pays d’Europe qu’avec les pays de la région. L’exemple du Maghreb est saisissant : les pays du Maghreb exportent tout ce dont les pays du conseil de coopération du golfe importent. Notre dernier numéro met les projecteurs sur le Maghreb avec un dossier intitulé : « Le Maghreb un marché fort de 80 millions d’habitants : un moteur pour la croissance et l’investissement ? » (MENA Outlook, deuxième trimestre 2012). Notre point de vue consiste à mettre en évidence la taxonomie d’un nouveau paradigme qui justifie une plus grande intégration régionale. Le défi consistera à investir et coopérer en dépit des problèmes politiques et commerciaux en suspens.
