L’Ambassade du Qatar enterre le fonds banlieue.
juin 24, 2012 Poster un commentaire
C’était l’une des opérations de com’ les plus savamment orchestrée par le Qatar en France : 50 millions d’euros pour les jeunes de banlieues. A l’heure ou déferle sur la France un tsunami de gazo-dollars qataris, décider de distribuer des miettes aux banlieues ( à peine un peu plus que le transfert de Pastore au PSG) était une œuvre charitable. Mais après plusieurs mois de tergiversation, le Qatar a décidé d’abandonner son projet de fonds pour les banlieues.
Annoncé en décembre 2011, le fonds banlieue avait entraîné dans son sillage un battage médiatique hors-norme ainsi que son lot de polémiques. Le premier (mauvais) signal avait toutefois été envoyé quelques jours avant le premier tour des élections présidentielles. Quand Mohamed Al Kuwari, ambassadeur du Qatar en France décidait de reporter la mise en place du dispositif, il signait clairement l’arrêt de mort du projet.
La période électorale est passée, la gauche a gagné les élections présidentielles et législatives mais la France reste dans une situation économique désastreuse. Trouver des capitaux est essentiel pour les socialistes et le Qatar fait partie de ces investisseurs que le nouveau pouvoir cherche à choyer. A l’initiative du Ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, le « fonds Banlieue » s’est métamorphosé en « fonds PME ».
Créer un fonds exclusivement dédié aux jeunes de banlieues était juridiquement impossible car dans sa définition, ce fonds est discriminant donc illégal. Par ailleurs, les qataris ne sont pas des philanthropes et l’obsession du retour sur investissement est primordiale pour eux : la fibre sociale n’existe pas chez ces investisseurs pour qui seul l’argent compte. L’association Qatar / Banlieue ne pouvait donc pas marcher. Fouad Sari, secrétaire de l’association nationale des élus de la diversité accuse dans le Parisien(23/06/2012) Arnaud Montebourg "la banlieue se fait voler par la Gauche, c’est Incroyable! J’espère qu’il y aura un rééquilibrage du fonds d’investissement. Nous allons tout faire pour être reçus par Arnaud Montebourg". L’accusation est certes légitime mais l’ambassade du Qatar n’a jamais montré ni allant, ni enthousiasme à l’égard de ce projet. Ce renoncement est un sérieux désaveu pour l’ANELD, ce fiasco constitue surtout une immense déception pour les porteurs de projets issus des banlieues qui sont cocus dans l’histoire…
Le seul point positif est qu’à l’avenir nul ne pourra accuser les banlieues françaises d’être instrumentaliser par le Qatar, un pays si controversé . Ce renoncement est aussi une occasion de rendre hommage à l’appel de l’académie des banlieues qui ne voulait pas entendre parler de ce projet « la banlieue n’est ni à vendre, ni un territoire que l’on peut acheter comme un club sportif. » lançait-elle en décembre dernier dans un communiqué.
