Rabbea Eid, l’étudiant qui a interpellé Obama à Jérusalem.

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Lors de sa rencontre avec les étudiants de l’université de Jérusalem, Barack Obama a été chahuté durant son discours. L’information a été reprise en boucle par les médias non pas pour présenter cet étudiant et ce qu’il avait à dire mais plus précisément pour s’attarder sur l’attitude flegmatique de Barack Obama.

Avec son charme naturel, un peu d’autodérision, les applaudissements du public (et l’appui des services de sécurité israéliens), Barack Obama a réussi à faire taire ce jeune homme vindicatif. Mais quel est l’identité de cette personne qui a eu le courage d’interrompre le président américain et quel message voulait-il lui faire passer.

L’étudiant en question s’appelle Rabbea Eid,  il s’agit en fait d’un Arabe israélien de 24 ans et il est étudiant en sciences politique à l’université d’Haïfa. Rabbea est par ailleurs militant politique au sein du parti Balad. Celui-ci déclare avoir réagi ainsi parce qu’il était en colère contre les propos tenus par le président américain lors de cette conférence :

Il parlait de démocratie et de justice et dans le même temps, il déclarait soutenir Israël en tant qu’Etat juif […] Je me suis donc levé et j’ai interpellé le président : « Président Obama, êtes-vous venu ici pour relancer le processus de paix ou pour encourager Israël et l’occupation israélienne ? » […] « Qui a tué Rachel Corrie ? », « Avez-vous vu le mur de l’apartheid quand vous êtes venu de Ramallah ? »…

La suite de l’histoire ? Rabbea Eid a été évacué de la salle par les services de sécurité israéliens mais n’aurait pas été maltraité.

Obama en campagne pour la paix au Proche-Orient

Les Palestiniens ont réservé un accueil glacial à Barack Obama. Et pourtant, le président américain est venu à Ramallah avec un message qu’il convient de ne pas négliger. Même si Obama se refuse à s’engager à relancer le processus de paix, sa présence permet de démontrer que les Etats-Unis continuent d’observer de très près ce qui se passe dans cette région du monde. Le message du président américain ne doit pas être négligé car il  a été prompt à dénoncer la colonisation israélienne et à défendre le droit à la dignité des Palestiniens. Par deux fois, il a soutenu cette thèse, lors de la conférence de presse conjointe avec Mahmoud Abbas puis lors de son discours devant les étudiants de l’université de Jérusalem.  Ce nouveau discours tranche avec l’aveuglement de George W. Bush qui fustigeait continuellement le terrorisme palestinien. Toutefois, il est éminemment probable que ces belles paroles ne connaîtront pas de suite car seul Israël détient la clef du problème.

  • Le point à retenir : 

Aux yeux des Américains, l’Egypte est hors-jeu sur la question du processus de paix.  Le président Obama n’a pas fait escale au Caire, chose que faisait toujours ses prédécesseurs lors d’une tournée au proche-orient.

Afrique du Nord : la guerre des frontières

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Des promeneurs marocains qui ont eu l’audace de s’aventurer au-delà de la frontière de leur pays pour ramasser des truffes sur le territoire algérien se sont fait tirer dessus par l’armée nationale  populaire. Cette anecdote, qui n’a pas déclenché d’incidents diplomatiques majeurs, pourrait prêter à sourire, elle témoigne pourtant de la très grande nervosité qui règne actuellement en Afrique du Nord . Et la tenue au début de l’année 2013 d’un sommet  tripartite entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie montre que la question de la sécurité des frontières en Afrique du Nord est dorénavant prise très  au sérieux.

Depuis la guerre en Libye, la stabilité de la région est profondément ébranlée. Les principales conséquences de cette guerre qui a entraîné la chute de Mouhammar Kadhafi sont la prolifération des armes ainsi que la montée du terrorisme. L’autre conséquence, c’est la crise de confiance très profonde qui existe entre des Etats qui entretiennent entre eux des relations très difficiles. Une crise qu’a contribuée à raviver la prise d’otage d’In Amenas, en effet, les terroristes ont pénétré sur le sol algérien depuis la Libye avec une facilité déconcertante. Par ailleurs, le commando en question était en possession d’armes libyennes. Mais la Libye n’est pas le seul pays qui pose problème dans la région, la Tunisie n’est pas à l’abri de la menace terroriste comme le prouve l’assassinat de l’opposant politique Chokri Belaïd. Jadis, la Libye et la Tunisie étaient des Etats forts, aujourd’hui, ces pays reposent sur des fondations extrêmement fragiles. Par ailleurs, la guerre froide que se livre l’Algérie et le Maroc est un autre facteur de tension dans la région. L’Algérie s’obstine à vouloir garder la frontière avec le royaume chérifien fermée et ce, tant qu’aucune solution au Sahara Occidental ne sera trouvé. Mais l’Algérie n’a pas l’exclusivité de la fermeture des frontières, la Libye a également usé de cette politique en février 2013 en fermant les frontières tunisiennes et égyptiennes cinq jours afin de prévenir des troubles liés au second anniversaire de la révolution. Fragilisés par le printemps arabe, les pays du Sahara sont devenus vulnérable. Cette vulnérabilité aurait pu amener les pays de ce bloc à imaginer des solutions d’actions commune d’autant plus qu’au Sahel, la situation devient des plus périlleuse avec la présence d’ un acteur qui est en train de changer la donne : AQMI.

Al Qaëda au Maghreb Islamique a contribué à déplacer le centre de gravité du terrorisme islamiste au Sahel et cet espace est aujourd’hui au cœur de toutes les préoccupations comme le montre la guerre que mène la France au Mali. D’autant plus que d’autres acteurs comme Boko Aram sont également devenus incontournable dans la région. Mais  les pays du Sahel ne sont pas en mesure d’affronter la menace terroriste et les pays occidentaux comptent sur l’Algérie pour résoudre un grave problème qui se situe aux portes de l’Europe.  L’Algérie joue un rôle majeur dans cette crise mais elle ne pourra jamais régler seule tous les défis auquel cette vaste région est confrontée. Pour répondre à cette crise, le plus grand pays d’Afrique a décrété la mobilisation générale au niveau de la protection de ses frontières du Sud, ainsi, depuis janvier 2013, la frontière algéro-malienne est fermée mais celle-ci demeure poreuse et il est impossible de la contrôler intégralement. L’Algérie a également décidé de reprendre en main la sécurité des sites stratégiques.

Le problème du terrorisme est globale et faire une dichotomie entre les pays d’Afrique du Nord et les pays du Sahel est un non-sens. Les Etats-Unis ont compris cela et ont initié un « partenariat transsaharien contre le terrorisme ». Les différents pays devraient coordonner leurs actions  au lieu de construire une politique qui repose exclusivement sur la fermeture des frontières. Maintenir les frontières fermées est coûteux sur les plans économiques, militaires et diplomatiques et cette politique n’est pas un gage d’efficacité absolu. En effet, les trafics des contrebandiers n’ont jamais été aussi florissants qu’aujourd’hui. Par ailleurs, le risque terroriste n’est pas le seul auquel la région est confrontée.  D’autres problèmes guettent comme ceux relatifs à l’immigration ou aux trafics de drogues et sans une coordination régionale, trouver des solutions sera éminemment difficile.

Fouad Kemache

Twitter : @FouadKemache

Hugo Chavez et les Arabes

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Hugo Chavez s’en est allé. Les Vénézuéliens et les latino-américains ne sont pas les seuls à regretter son départ, les peuples arabes sont également affectés par la perte de ce leader unique. Comment expliquer cette histoire d’amour si improbable et si surprenante entre « El Comandante » et les peuples arabes ?

De nombreux points communs unissent le Venezuela aux pays arabes. La République Bolivarienne est une puissance pétrolière qui détient 11 % des réserves mondiales. Le Venezuela est, par ailleurs, 5ème exportateur de pétrole au monde. Le Venezuela est enfin à l’origine de la création de l’OPEP en 1960.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’était pas forcément avec les monarchies pétrolières que le Venezuela d’Hugo Chavez  entretenait les meilleures relations…  Car les raisons de ces alliances n’étaient pas exclusivement économiques, elles étaient surtout politiques. En effet, Hugo Chavez a toujours entretenu d’excellentes relations avec les dirigeants arabes honnis par la communauté internationale comme Saddam Hussein, Feu Mouammar Kadhafi ou encore Bashar Al Assad. Pour cet infatigable opposant aux Etats-Unis, ces alliances constituaient une excellente occasion pour faire la nique aux Américains.

L’ex-président vénézuélien a d’ailleurs toujours soutenu ces dirigeants controversés même pendant les révolutions arabes en allant à contresens  de l’Histoire. Mais ce que  les Arabes retiendront avant tout, c’est le soutien infaillible d’Hugo Chavez à la cause palestinienne.

Hugo Chavez restera dans l’Histoire, il a très certainement été le meilleur trait d’union entre le monde arabe et l’Amérique latine.

Barack Obama se rendra-t-il en Algérie ?

En 2012, Hillary Clinton a multiplié les contacts avec les autorités algériennes. Cela laissait augurer d’une visite d’Etat encore plus prometteuse : celle de Barack Obama. Depuis les choses ont changé,  Hillary Clinton a quitté ses fonctions de Secrétaire d’Etat et on pouvait imaginer que John Kerry, son successeur, orienterait la diplomatie américaine vers de nouveaux horizons. Il n’en est rien, en effet, le monde arabe reste important pour l’administration Obama et depuis quelques jours, une rumeur court selon laquelle la Maison-Blanche préparerait une visite d’Etat du président américain en Algérie. L’hypothèse d’une telle visite semble purement spéculative pourtant elle  n’est pas à écarter totalement. En effet,  Barack Obama va entamer une tournée au Moyent-Orient dans les prochaines semaines et un détour par l’Algérie n’est pas à écarter. Nous énumérons ci-dessous la probabilité de réalisation de ce scénario en dressant les raisons de croire ou de ne pas croire à cette visite.

Les raisons d’y croire :

Energie : l’Algérie est une puissance énergétique riche en pétrole et en gaz. Les entreprises américaines sont présentes en Algérie mais cette présence pourrait être renforcée à l’avenir. Les Etats-Unis voulant à tout prix garantir leur avenir énergétique.

Lutte contre le terrorisme : En matière de lutte contre le terrorisme, l’Algérie est très certainement l’un des pays qui est le plus en pointe dans le monde. Et depuis le 11 septembre 2001, Washington collabore de très près avec Alger sur ces questions sur le plan du renseignement. ENtre 1992 et 2001, l’Algérie a connu une décennie noire  et Al Qaëda au Maghreb Islamique a construit au Sahel l’une des bases terroriste les plus importantes au monde.

Géostratégique : L’Algérie occupe dorénavant une place centrale dans le monde arabe post-révolution. En effet, la voix de l’Algérie raisonne à nouveau dans ce grand espace et elle est respectée. Par ailleurs, son positionnement stratégique au Nord de l’Afrique et au Sud de l’Europe rend le pays incontournable. Et depuis plusieurs semaines, de nombreux leaders du monde entier se pressent en Algérie.

Réformes démocratiques : L’Algérie procède lentement mais surement à des réformes démocratiques. Les élections législatives du 10 mai 2012 ont instauré le multipartisme et le parlement a accueilli plus de femmes. A cet égard, Hillary Clinton avait salué le bon déroulement de ces élections.

Les raisons de ne pas y croire :

La démocratie : Malgré la volonté affichée des autorités algériennes d’améliorer la vie publique, les effets sur le terrain peinent à se faire réellement ressentir. En effet, la mainmise du FLN sur la vie politique algérienne est presque totale et Abdelaziz Bouteflika envisage sérieusement de se représenter pour un quatrième mandat. Barack Obama pourra-t-il poser sur la photo avec un homme qui est au pouvoir depuis près de quatorze ans ?

La répression : Depuis le début des révolutions arabes, le pouvoir algérien montre des signes de fébrilités et de nervosités. En effet, les manifestations de chômeurs, de travailleurs, de syndicats sont souvent réprimés  et des militants des droits de l’homme sont régulièrement interpellés et emprisonnés.

Le Printemps arabe : Que ce soit en Libye ou en Syrie, la ligne diplomatique choisie par l’Algérie détonne. Cette ligne lui a valu de nombreuses critiques. Par ailleurs, l’Algérie est l’un des rare pays au monde à continuer d’entretenir des relations diplomatiques avec l’Iran, l’un des pires adversaires des Etats-Unis.

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Alger, Place forte ?

L’Algérie retrouve-t-elle son lustre d’antan ? L’année 2012 a été marqué par un intérêt croissant des Etats-Unis pour ce pays et  depuis plusieurs semaines, de nombreux hauts responsables du monde entier s’y sont succédés. Au menu des discussions :  affaires, questions énergétique et terrorisme.

Du 19 au 20 décembre 2012 : Visite du Président français François Hollande.

7 janvier 2013 : Visite de l’émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al Thani.

10 janvier 2013 : Visite du président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

31 janvier 2013 : Visite du Premier ministre britannique David Cameron.

Du 10 au 11 février 2013 : Visite officielle du président du Parlement allemand Norbert Lammert.

11 février 2013 : Visite du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov.

12 février 2013 : Visite du vice-Premier ministre belge Didier Reynders.

Le Qatar joue-t-il un rôle au Mali ?

Alors que l’Algérie est depuis hier une victime collatérale de la guerre de la France au Mali à In Amenas, il est intéressant de s’interroger sur le rôle d’un pays que l’on accuse  d’agir dans l’ombre : le Qatar. Depuis plusieurs mois, des rumeurs persistantes circulent selon lesquelles le Qatar finance des groupes terroristes au Nord-Mali.  Quelle valeur accorder à ces accusations ?

Tout commence en juin 2012 lorsque Le Canard Enchaîné rapporte que le Qatar sponsorise le Djihadisme au Nord-Mali. Cette hypothèse, aucune preuve n’est venue la corroborer cependant elle pourrait sembler, à priori, vraisemblable.   En effet, la situation au Mali contribue à fragiliser considérablement l’Algérie, un pays avec lequel le petit émirat n’entretient pas les meilleures relations. Depuis le début du printemps arabe, l’Algérie s’oppose aux orientations définis par Doha. Ce fût le cas en Libye,  ça l’est encore aujourd’hui sur le dossier syrien. Le Qatar aurait donc intérêt à déstabiliser l’Algérie d’autant plus qu’un violent accrochage avait opposé Mourad Medelci à Cheikh Hamad Bin Jassim Al Thani en marge d’une réunion de la ligue arabe au Caire en novembre 2011. Accusé de semer le désordre dans le monde arabe via la chaîne Al Jazeera, la couverture des dernières élections législatives (ndlr : en mai 2012) fût particulièrement négative pour l’Algérie et ne laissait guère de doute sur le positionnement de Doha.

Alors, le Qatar, facteur de déstabilisation en Afrique du Nord ? Roland Marchal(1), chercheur au CERI, appuie cette version « On pense qu’un certain nombre d’éléments qataries sont aujourd’hui dans le nord du Mali pour assurer l’entraînement des recrues qui occupent le terrain, surtout Ansar Dine  ». Le spécialiste du Qatar Medhi Lazar a également acquis la certitude que le petit émirat joue un rôle incontournable dans cette région du monde, cela dans le but d’accroître son influence dans la région. Mais la DGSE juge ces accusations infondées,  elle récuse l’idée de la présence des forces spéciales Qataries sur le sol malien. L’article de Georges Malbrunot a suscité quelques réactions, parmi elles, celle pleine de bon sens de l’internaute Robert Marchenoir  « Je ne comprends pas. La DGSE, c’est le service de renseignement du Qatar ? Dans le cas contraire, comment la DGSE peut-elle démentir la présence d’agents du Qatar au Mali ? Seul le Qatar pourrait le faire. » La France voudrait-elle « protéger » un allié avec lequel elle entretient des relations économiques stratégiques ? Cette hypothèse n’est pas à exclure.  Toutefois, les services secrets français n’écartent  pas totalement l’idée qu’une puissance étrangère, basée dans les pays du Golfe, agit en sous-main et soutient le Djihad au Nord-Mali.

Signe que le Qatar observe de très près ce qui se passe dans cette région du monde, le ministre des affaires étrangères Cheikh Hamad Bin Jassim Al Thani a  exprimé son désaccord au sujet de l’intervention militaire de la France au Mali. De quoi donner des arguments à ceux qui demeurent sceptique quant au jeu trouble de l’émirat.

(1) Comment ils ont livré la France au Qatar, Marianne, n° 820.

Dalila Ben Mbarek Msaddek : Je prendrai les armes s’il le faut

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L’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, membre du collectif Doustourna était l’invité ce matin de La Matinale sur Canal Plus pour son livre Je prendrai les armes s’il le faut et apporte un éclairage sur la situation actuelle en Tunisie.

Dalila Ben Mbarek MSaddek : En Tunisie, la justice, les médias, les femmes souffrent !

Engagement :

La révolution a fait naître chez nous le rêve d’une Tunisie moderne, libre, démocratique où tout le monde peut se retrouver et parler librement.

Le titre du livre :

Ce n’est pas un message violent [...] Cela démontre à quel point nous sommes déterminés en qualité de société civile. On portera les armes contre ceux qui voudront nous faire perdre nos acquis en tant que femmes ou faire perdre les espérances de cette révolution.

Le pouvoir islamiste :

La Tunisie a changée énormément [...] Les islamistes ne parviennent pas à faire passer leurs idées parce que la société civile se bat. Ils essaient de faire passer des articles qui mettent en péril les acquis de la femme. [...] Le 20 mars (ndlr : 2012), nous étions des milliers à dire non à la Charia.

Les suites de la Révolution :

J’attends l’instauration d’un état démocratique. [...] On vit dans un climat de violence extrême. Il n’y a pas que les salafistes qui exercent la violence en Tunisie. La ligue de protection de la Révolution attaquent tous ceux qui sont contre le parti Ennahda. Ils ont attaqué l’UGTT, ils s’en sont pris aux meetings politiques. Les démocrates sont aujourd’hui considérés comme des contre-révolutionnaires.

Algérie – Qatar : Vers une normalisation des relations diplomatiques ?

On les disait en froid et pourtant, la visite lundi de l’émir du Qatar en Algérie laisse entrevoir des éclaircissements dans les relations diplomatiques entre les deux pays. Cette visite placée sous le signe du business a été brève,  Hamad Ben Khalifa Al Thani est arrivé à Alger le matin puis est reparti le soir. Il est difficile d’interpréter le sens de cette visite et de conjecturer sur une  amélioration durable des relations entre les deux pays mais l’accueil chaleureux réservé par Abdelaziz Bouteflika à son homologue qatari a surpris tous les observateurs.

Le Voyage De François Hollande Vu Par Les Médias

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La visite de François Hollande en Algérie a fait l’objet d’une vaste couverture médiatique. En France comme en Algérie. Toute la presse algérienne a fait la une autour de cette visite. Côté français, l’enthousiasme affiché pour cette visite d’Etat est moindre mais le dispositif déployé demeure toutefois exceptionnel : 90 journalistes accrédités ont accompagnés le président français. Tous les supports de presse se sont également intéressés à ce voyage. Et l’on traité principalement sous trois angles : la mémoire, la jeunesse, l’économie.

Mémoire :

Le quotidien Libération a largement choisi de traiter ce voyage sous l’angle de la mémoire. L’émission phare Canal Plus, le Grand Journal, en donnant la parole à deux enfants de la guerre d’Algérie, Hélène Erlingsten-Creste et Mohamed Zerouki, qui ont écrit ensemble un livre intitulé « Nos pères ennemis ». Ce travail de mémoire, le journal télévisé de France 2 l’a également fait à travers le témoignage d’une famille algérienne installée en France depuis trois générations. Une famille où la jeune fille de 17 ans, Sarah, exprime son malaise identitaire « je suis Française mais je me considère beaucoup plus comme Algérienne ». Les débats autour du discours de François Hollande devant le parlement algérien ont également été très nombreux. A cette occasion, les mots « excuses » ou « repentance » ont très souvent été utilisés. Enfin, quelques médias se sont arrêtés sur le parcours du militant communiste Maurice Audin.

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Economie :

L’autre grand angle de ce voyage placé sous le signe des partenariats et du business, c’est la parole donnée aux chefs d’entreprises audacieux qui ont fait le choix de s’installer en Algérie pour y faire des affaires. Le JT de TF1 a donné la parole à deux Franco-Algériens, parmi eux, Jaoued Metrouch, fondateur de l’entreprise « les échafaudeurs algériens ». BFM TV a donné, quant à elle, la parole à Philippe Nguyen, responsable de Wana Consulting, une SSII basée à Alger. Enfin, Itélé a mis en évidence les lourdeurs administratives de l’Algérie en rencontrant des professionnels du commerce international : un producteur de dattes et Didier Vantelot, responsable commercial d’une société d’import-export « C’est surtout la qualité du produit en lui-même parce que c’est plus difficile d’importer d’Algérie. C’est un pays plus compliqué, déjà aller sur place, c’est un peu plus dur, faut demander un visa, avoir une assurance-rapatriement, chose qu’on n’a pas du tout en Tunisie où  l’on va beaucoup plus facilement ».

Jeunesse :

Enfin, les médias français sont partis à la rencontre de la jeunesse algérienne. Une jeunesse algérienne pessimiste sur son avenir et qui n’aspire qu’à une chose, partir. Le portrait de cette jeunesse laisse une impression de malaise, en effet, le misérabilisme affiché par certains tranche avec le potentiel économique que semble offrir ce pays « riche ». Une  partie de ces jeunes ont également décidés de se battre en s’engageant en politique mais les différents reportages ont démontrés les difficultés du combat citoyen dans ce pays. Au passage, le portrait chaotique de cette jeunesse a permis aux médias français d’égratigner un régime qui a été relativement épargné par François Hollande.

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