En 2012, Hillary Clinton a multiplié les contacts avec les autorités algériennes. Cela laissait augurer d’une visite d’Etat encore plus prometteuse : celle de Barack Obama. Depuis les choses ont changé, Hillary Clinton a quitté ses fonctions de Secrétaire d’Etat et on pouvait imaginer que John Kerry, son successeur, orienterait la diplomatie américaine vers de nouveaux horizons. Il n’en est rien, en effet, le monde arabe reste important pour l’administration Obama et depuis quelques jours, une rumeur court selon laquelle la Maison-Blanche préparerait une visite d’Etat du président américain en Algérie. L’hypothèse d’une telle visite semble purement spéculative pourtant elle n’est pas à écarter totalement. En effet, Barack Obama va entamer une tournée au Moyent-Orient dans les prochaines semaines et un détour par l’Algérie n’est pas à écarter. Nous énumérons ci-dessous la probabilité de réalisation de ce scénario en dressant les raisons de croire ou de ne pas croire à cette visite.
Les raisons d’y croire :
Energie : l’Algérie est une puissance énergétique riche en pétrole et en gaz. Les entreprises américaines sont présentes en Algérie mais cette présence pourrait être renforcée à l’avenir. Les Etats-Unis voulant à tout prix garantir leur avenir énergétique.
Lutte contre le terrorisme : En matière de lutte contre le terrorisme, l’Algérie est très certainement l’un des pays qui est le plus en pointe dans le monde. Et depuis le 11 septembre 2001, Washington collabore de très près avec Alger sur ces questions sur le plan du renseignement. ENtre 1992 et 2001, l’Algérie a connu une décennie noire et Al Qaëda au Maghreb Islamique a construit au Sahel l’une des bases terroriste les plus importantes au monde.
Géostratégique : L’Algérie occupe dorénavant une place centrale dans le monde arabe post-révolution. En effet, la voix de l’Algérie raisonne à nouveau dans ce grand espace et elle est respectée. Par ailleurs, son positionnement stratégique au Nord de l’Afrique et au Sud de l’Europe rend le pays incontournable. Et depuis plusieurs semaines, de nombreux leaders du monde entier se pressent en Algérie.
Réformes démocratiques : L’Algérie procède lentement mais surement à des réformes démocratiques. Les élections législatives du 10 mai 2012 ont instauré le multipartisme et le parlement a accueilli plus de femmes. A cet égard, Hillary Clinton avait salué le bon déroulement de ces élections.
Les raisons de ne pas y croire :
La démocratie : Malgré la volonté affichée des autorités algériennes d’améliorer la vie publique, les effets sur le terrain peinent à se faire réellement ressentir. En effet, la mainmise du FLN sur la vie politique algérienne est presque totale et Abdelaziz Bouteflika envisage sérieusement de se représenter pour un quatrième mandat. Barack Obama pourra-t-il poser sur la photo avec un homme qui est au pouvoir depuis près de quatorze ans ?
La répression : Depuis le début des révolutions arabes, le pouvoir algérien montre des signes de fébrilités et de nervosités. En effet, les manifestations de chômeurs, de travailleurs, de syndicats sont souvent réprimés et des militants des droits de l’homme sont régulièrement interpellés et emprisonnés.
Le Printemps arabe : Que ce soit en Libye ou en Syrie, la ligne diplomatique choisie par l’Algérie détonne. Cette ligne lui a valu de nombreuses critiques. Par ailleurs, l’Algérie est l’un des rare pays au monde à continuer d’entretenir des relations diplomatiques avec l’Iran, l’un des pires adversaires des Etats-Unis.
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