Nicolas Sarkozy, VRP du Qatar ?

Le Financial Times a lancé un pavé dans la marre en révélant que le Qatar aurait proposé à Nicolas Sarkozy d’être à la tête d’un fonds spéculatif doté de 500 millions d’euros. Cette information a été reprise cette semaine par le quotidien économique français Les Echos mais faut-il réellement croire à la conversion définitive de l’ancien président  dans les affaires ?

Certes, Nicolas Sarkozy entretient d’excellentes relations avec le Qatar, certes, Nicolas Sarkozy a ouvert la voie aux investissements du petit émirat en France, certes Nicolas Sarkozy a toujours déclaré vouloir gagner beaucoup d’argent après sa carrière politique. Toutefois, il ne faut pas accorder autant de valeur à cette information. En effet, il y a quelques mois, une rumeur de cette nature circulait déjà annonçant que l’ancien président s’apprêtait à lancer un fonds doté de 1 milliard d’euros avec Alain Minc.  Celle-ci a immédiatement été démentie par l’entourage du président.

Animé par un sentiment de revanche, Nicolas Sarkozy reviendra à la politique "par devoir". Il ne faut surtout pas le croire lorsqu’il déclare que la politique lui procure un « ennui mortel » car le combat politique, c’est son moteur et sa passion. En 2017, il sera très probablement le candidat de la droite pour barrer la route à François Hollande. De plus, il est requinqué par les différents sondages qui lui sont presque tous favorables et son entourage travaille à ce que les Français n’oublient pas celui qui pendant cinq ans aura été leur président.

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Carte des tweets racistes aux Etats-Unis après la réélection d’Obama

Barack Obama vient d’être réélu Président des Etats-Unis d’Amérique. Sa réélection, il la doit, en partie, d’un point de vue statistique, au vote des minorités qui a été décisif. Plus de neuf électeurs noirs sur dix ont votés pour le candidat démocrate. Et  plus de sept latinos sur dix ont mis un bulletin Obama dans l’urne.

L’autre enseignement de ce vote, c’est que la réélection de Barack Obama ne va pas entraîner l’Amérique vers une société post-racial. Les très nombreuses réactions hostiles et racistes à la réélection du premier Président noir de l’histoire des Etats-Unis nous rappellent que la fracture raciale existe bel et bien en Amérique. Cependant, à la lecture des chiffres, il faut se garder de tirer des conclusions hâtives : Obama n’aurait pas de problèmes avec le vote "blanc". Pour deux raisons. La part de ce vote dans l’électorat global diminue depuis le début des années 80. Par ailleurs, le candidat démocrate enregistre autant de voix "blanches" en 2012 que Bill Clinton en 1992 (39 %)  et fait mieux que Jimmy Carter en 1980 ( 36 %) .

Vu de France, cette élection nous apporte d’autres enseignements. La crise n’explique pas, à elle seule, la défaite de Nicolas Sarkozy. Et la Droite devra sérieusement réfléchir à l’impact du vote ethnique dans le résultat d’une élection. Aux Etats-Unis, seul un électeur "non-blanc" sur dix a voté Républicain. Ce chiffre nous rappelle l’impact du vote musulman qui avait largement profité à François Hollande en mai dernier(d’après le Cevipof, 93 % des français musulmans inscrits avaient votés pour le candidat socialiste). Ces résultats, en France et aux Etats-Unis, nous éclaire aussi sur le lobbying actif que mène la Droite contre le projet de loi sur le vote des étrangers. A l’avenir, la Droite ne pourra plus continuer de fermer les yeux sur les transformations de la société française. Si elle opte pour la même stratégie que les Républicains aux Etats-Unis, à savoir parler aux français à travers le prisme du conservatisme, elle sera alors condamnée à perdre.

Sur la scène internationale, Hollande ne peut pas rester normal

Bousculé par Nicolas Sarkozy sur la question syrienne, François Hollande devra – très certainement – sur le plan international retravailler sa posture.  Sur la scène  internationale,  le Président de la République Française ne peut pas incarner une Présidence normale.  En effet, François Hollande a face à lui des pointures comme Barrack Obama, Vladimir Poutine ou encore Angela Merkel.

 Si François Hollande ne bouscule pas ses codes, il souffrira toujours de la comparaison avec son prédécesseur. Nicolas Sarkozy a mis du temps à se forger une stature présidentielle  mais sur la scène internationale, l’ancien Président a toujours fait preuve d’une grande énergie et d’une grande pugnacité. Même si les affaires internationales impactent peu les courbes de sondage en France, la posture du Chef de l’Etat à l’étranger est importante pour les français.

La sortie de Nicolas Sarkozy n’a aucune valeur car l’ancien Président est hors-jeu. Dorénavant, il ne fait plus partie de la vie politique française. Concernant la stratégie à adopter, François Fillon, en pôle-position pour représenter la droite en 2017,donne la marche à suivre à l’actuel locataire de l’Elysée. Sur son compte twitter, l’ancien Premier Ministre écrit :

Les critiques de la droite à l’égard de François Hollande restent toutefois surprenantes. En effet, il n’y a pas véritablement de rupture entre la ligne politique de Laurent Fabius et celle d’Alain Juppé.

LÉGISLATIVES 2012 : LA DIVERSITÉ RENTRE A L’ASSEMBLÉE

Le scrutin législatif en France apportent deux nouveautés : le retour du Front National à l’assemblée et l’arrivée dans l’hémicycle de plusieurs candidats issus de la diversité. Toujours en avance sur les questions de société, la Gauche a été audacieuse sur ce dossier. François Hollande a d’ailleurs envoyé des signaux forts en nommant Christine Taubira Ministre de la Justice et Najat Valaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement et Ministre du droit des femmes.

#circo7505 : La victoire la plus symbolique vient de la jeune Saybah Dagoma (la seule Noire d’origine africaine de l’Hémicycle dixit Le Parisien ) qui a écrasée Benjamin Lancar en recueillant plus de 70 % des suffrages.  Jeune, dynamique, avocate, elle a l’avenir devant elle et peut épouser une trajectoire fulgurante à l’image de Rama Yade à ses débuts. Cette dernière a longtemps été la personnalité politique préférée des français.

#circo9307 : Razzy Hammadi, secrétaire nationale du PS aux services publics, a été élu député à Montreuil-Bagnolet. Il avait la particularité d’être seul au deuxième tour et a naturellement recueilli 100 % des suffrages.

#circo9110 : Grande gueule, ex-Président de S.O.S Racisme, Malek Boutik est devenu député de la 10ème circonscription de l’Essonne. Ce n’est pas le combat contre son adversaire de droite Marianne Duranton qui a été le plus difficile ( Malek Boutih gagne avec plus de 56 % des voix ) mais plus sa lutte fratricide contre son ancien pote, Julien Dray.

#circo2103 : Inconnue au niveau national , Kheira Bouziane élue députée dans la 3ème circonscription de la Côte d’Or l’a emportée avec 53 % des voix.

#circo5401 : Chaynesse Khirouni devient députée de la 1ère circonscription de Meurthe-et-Moselle.

#circo3110 : Ministre des anciens combattants sous le gouvernement Ayrault 1, Kader Arif va rester Ministre grâce à sa victoire dans la 10ème circonscription de Haute-Garonne.

Hélène Geoffroy (#circo6907) ; George Pau-Langevin (#circo7515) ; Pouria Amishahi ( 9ème circo. Français de l’étranger ) ; Corinne Narassiguin ( 1ère circo. Français de l’étranger ) incarneront aussi la diversité dans la nouvelle assemblée . Pour autant, est-ce que ces néo-députés auront le courage de faire passer des messages forts à l’heure ou le Haut Conseil de l’Intégration révèle que le chômage touche plus les enfants d’immigrés que les immigrés eux-mêmes ?

Egypte : les islamistes s’approprient la révolution

Khaled Saïd – Twitter @ikhwanweb

L’Egypte vit très certainement les heures les plus importantes de son histoire. Hosni Moubarak vient d’être condamné à la prison à vie et le pays organise des élections présidentielles qui semblent se dérouler dans de bonnes conditions démocratiques. La campagne de second tour est mouvementée comme le montre les violentes bagarres qui se sont déroulées lors du procès de l’ex-Président Moubarak . L’ombre de la révolution plane toujours sur L’Egypte et Place Tahrir ne désemplit pas.

Les résultats du premier tour des présidentielles en Egypte ont déjoués tous les pronostics : Amr Moussa et Abdel Moneim étaient les grands favoris du scrutin et au final, ce sont les candidats Ahmed Chafiq ( le felloul, l’ex-Premier Ministre de Hosni Moubarak soutenu par l’armée) et Mohammed Morsi (candidat des frères musulmans) qui vont concourir pour la fonction suprême les 16 et 17 juin prochain. Dans cette dernière ligne droite, la stratégie des islamistes en Egypte est assez déroutante : en effet, les frères musulmans s’approprient les symboles de la révolution. Sur twitter, les frères musulmans @ikhwanwab ont repris à leurs comptes un puissant symbole de la révolution : l’image de Khaled Saïd orne leur photo de profil. Pour rappel, Khaled Saïd a été battu à mort par la police le 6 juin 2010 et sa mort a été un élément déclencheur de la révolution. A quelques jours de la commémoration de sa mort et du second tour des présidentielles, les frères musulmans s’approprient ce symbole.  Quelle lecture avoir de cette réappropriation : conviction profonde ou opportunisme électoral ?

Cette stratégie est d’autant plus déroutante que les frères musulmans en Egypte font partie de ceux qui voient dans  les révolutions arabes un complot fomenté de l’étranger. Et les intellectuels ou responsables politiques qui jettent le discrédit sur le printemps arabe sont de plus en plus nombreux. De plus, les islamistes se sont fermement opposés au verdict prononcé contre Hosni Moubarak. Un verdict qui a exonéré de leurs responsabilités six hauts gradés de la police. Le candidat des frères musulmansqui s’est rendu Place Tahrir samedi soir – a promis un nouveau procès s’il est élu.  Un clin d’oeil aux fellouls, un clin d’oeil aux révolutionnaires, Mohammed Morsi veut visiblement ratisser large pour s’assurer la victoire finale. La question est désormais de savoir comment les salafistes d’Al Nour vont réagir à cette stratégie, eux, qui rêvent d’instituer en Egypte une dawlya islamyia ( Etat Islamique) avec la charia comme socle de la constitution.

Pour aller plus loin et comprendre les enjeux des présidentielles en Egypte : connectez-vous sur l’intéressant  compte twitter @WardaMD de la journaliste Warda Mohamed

Mohammed VI finance la mosquée de Blois

C’est une information qui ne devrait certainement pas passer inaperçue : le roi du Maroc Mohammed VI contribue au financement de la mosquée de Blois à hauteur de 787 000 euros. Cette opération constitue un drame pour un islam de France – qui pour s’émanciper – doit couper le cordon ombilical avec des puissances étrangères et plus précisément avec les pays du Maghreb. C’est aussi un épisode de plus dans la guerre que se livre l’Algérie et le Maroc pour le contrôle de l’Islam de France : la Mosquée de Paris est sous l’influence d’Alger tandis que le CFCM, présidé par Mohamed Moussaoui, est plus proche du Maroc.

Le financement de cette mosquée par Mohammed VI est maladroite à plus d’un titre : ce financement  va forcément nourrir la polémique en France et donner des arguments à l’extrême-droite française et à sa leader Marine Le Pen.  Sur la question du financement des mosquées, il sera également intéressant  d’observer la réaction des autorités françaises et du nouveau ministre de l’intérieur Manuel Valls. La France doit lever le voile sur des années d’opacité et aider l’Islam de France : la loi de 1905 est obsolète et la question d’une aide financière de l’état pour la construction des lieux de culte ne doit plus être taboue.  Ce financement est aussi maladroit à l’heure ou le Maroc n’est pas épargné par le printemps arabe : les Marocains manifestent pour dénoncer la  grave crise sociale que traverse le pays sur fond de hausse continue du chômage.

Najat Vallaud-Belkacem, la voix (et le sourire) du gouvernement

Najat Vallaud-Belkacem – 20H TF1 ( Document TF1)

Najat Vallaud-Belkacem a donc été nommée Ministre des droits des femmes et occupe la prestigieuse  fonction de porte-parole du gouvernement. Un bel exemple de méritocratie républicaine pour celle qui est arrivée en France à l’âge de 4 ans en provenance du Maroc. Charmante, pétillante, la benjamine du gouvernement  arbore toujours un grande sourire et donne l’impression de savoir garder son calme en toutes circonstances.

Après avoir successivement occupée les fonctions de porte-parole de Ségolène Royal puis de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem avait la certitude d’occuper une fonction importante au sein du premier  gouvernement de Jean-Marc Ayraut. La jeune ministre rassemble deux critères essentiels pour entrer dans un gouvernement construit sous le signe de la parité et de la diversité.

Au moment où des rumeurs bruissaient au sujet de la constitution du futur gouvernement, le site lepoint.fr annonçait Najat Vallaud-Belkacem au  Ministère de l’égalité des chances. La nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre dans la twittosphère et les plus critiques désignaient déjà Najat Vallaud-Belkacem comme la énième « beurette de service » chargée de compléter le casting du premier gouvernement de François Hollande. Si la rumeur s’était avérée vrai, ç’aurait été un véritable cadeau empoisonné pour la benjamine du gouvernement que de devoir affronter la vindicte populaire des banlieues. Dans un  rôle à peu près semblable, Fadela Amara s’était maladroitement cassée les dents.

Même si la fonction de Ministre des droits des femmes dépasse les clivages politiques, Najat Vallaud-Belkacem va devoir s’affirmer et démontrer sa capacité à encaisser les coups. Sa décision de ne pas vouloir affronter le suffrage universel dans la 4ème circonscription de Lyon la met déjà en difficulté. La peur de perdre dans une circonscription ou Nicolas Sarkozy est arrivé en tête face à François Hollande ? Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a prévenu que les ministres battus devront quitter le gouvernement

Dans les prochains mois, la jeune ministre  deviendra très certainement la personnalité politique préférée des français. Son principal challenge sera alors de ne pas connaître le sort malheureux de Rachida Dati ou encore, Rama Yade, icônes déchues du Sarkozysme. Celle que Nicolas Sarkozy voyait en 2007 en Condollezza Rice française et qui fût promise à un brillant destin politique a été broyée par la machine UMP. Si en 2017, Najat Vallaud-Belkacem  conserve le sourire, c’est qu’elle aura réussie. 

Que retenir du scrutin législatif en Algérie ?

1 – Une victoire en demi-teinte pour Abdelaziz Bouteflika. Son appel pour une forte  mobilisation n’a pas été entendu. Pour ces élections, le taux de participation s’élève seulement à 44,38 %.

2 – Le maintien du statu quo politique avec le FLN majoritaire et le RND en seconde position.Pour rappel, 44 partis politiques étaient en lice.

3 – La déroute des islamistes. Les algériens ont une fois de plus exprimés leurs défiances à leurs égards.

4 – Plus de femmes à l’Assemblée Nationale Populaire : elles seront 145 dans le nouvel hémicycle. La dernière assemblée comptait 30 femmes.

Présidentielle 2012 : Le vote musulman continue de susciter le débat

Au soir de sa défaite, Nicolas Sarkozy a très certainement livré l’un de ces meilleurs discours de Président : « Donnons l’image d’une France ouverte, d’une France qui ne regarde pas l’autre comme un adversaire ou comme un ennemi [...]»,le candidat de l’UMP a prononcé un discours humaniste qui tranchait avec le ton virulent de sa campagne. Il semble – malgré tout – que les consignes de l’ex-Président soient restées lettre morte.  Mauvaise perdante, la Droite continue de chercher des bouc-émissaires. La première polémique a été balancée sur la place publique par Nadine Morano qui a vue à Bastille « beaucoup de drapeaux étrangers» Le soir du sacre de François Hollande, il y avait en effet des drapeaux, beaucoup de drapeaux : des drapeaux de la révolution syrienne ainsi que des drapeaux palestiniens, algériens, marocains, tunisiens. Il flottait un air de victoire de coupe du monde 1998 à Bastille. Il y avait aussi des drapeaux arc-en-ciel, des drapeaux bretons et beaucoup de drapeau du Front de Gauche.

La deuxième polémique émane du vote musulman : d’après une étude du Cevipof, 93 % des français de confession musulmane ont déposés dans l’urne  une enveloppe avec un bulletin François Hollande. Même si l’abstention a été plus forte dans cette catégorie d’électeur par rapport au reste de la population, il n’en reste pas moins que la proportion est considérable. Sur France Info, Patrick Devedjian a dénoncé un vote  « communautaire » qui demande selon lui « réflexion » car « c’est important et grave». Cette déclaration est un déni de démocratie. Ce chiffre de 93 % exprime surtout le rejet d’un homme et d’un discours.  Un discours qui s’est nettement durci dans l’entre-deux tours. D’ailleurs, à l’annonce de la défaite de Nicolas Sarkozy, beaucoup de français de confession musulmane ont manifestés leurs soulagements.

A l’automne 2011, Henri Guaino, la plume de l’ex-Président avait prévenu « Si on fait une campagne sur la division des français, les uns contre les autres, Parti Socialiste contre l’UMP… Ou pire, si on fait la guerre aux pauvres, si on fait la guerre aux musulmans, on perdra. Le candidat qui fera ça perdra. La défaite morale précède toujours la défaite politique». Visiblement, pour les législatives, l’UMP semble vouloir emprunter le même chemin que lors de présidentielles : un chemin qui les a mené droit dans le mur.

Le Testament D’Abdelaziz Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika, Sétif – Doc. Canal Algérie

A Sétif, à l’occasion de la commémoration des massacres du 8 Mai 1945, c’est un Président au crépuscule de son règne qui a livré un discours à la nation. Le discours de Sétif, c’est  - en quelque sorte – la tournée d’adieux d’un Président qui n’ira peut-être pas au bout de son troisième mandat ( 2014). Devant un public visiblement très ému, le Président algérien a également souligné que le temps de la "génération 54" était dorénavant  révolu et a appelé la jeunesse à reprendre le flambeau.

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