1500 m : la victoire de Taoufik Makhloufi sème le trouble.

Jusque-là méconnu, l’algérien Taoufik Mekhloufi a surclassé la finale du 1500 mètre hier soir à Londres mais sa performance intrigue. Le finish  exceptionnel  de l’algérien dans les 200 derniers mètres et les propos que l’on prête au miler éthiopien Asbel Kiprop ne sont pas non plus de nature à apaiser les débats : « Pas de commentaire. Ce que je sais, c’est que moi, je suis innocent. »

Les commentaires de la journaliste Françoise Inizan dans l’Equipe(8 août 2012) suscitent également le trouble « Quelle étrange course ! Les temps de passage n’ont rien d’exceptionnel, les derniers sept cents mètres ne sont pas hyper rapides mais le naufrage des kényans et l’avènement de ce coureur inconnu ont de quoi semer le trouble. Quatre ans après la victoire du Bahreïnien Rashid Ramzy à Pékin, suivie de son déclassement pour dopage, le 1500 m olympique poursuit son chaotique destin. »

Cette performance exceptionnelle est également  le prolongement d’un imbroglio bizarre entre la Fédération internationale d’athlétisme et la Fédération algérienne. Exclu des jeux lundi pour manque de combativité lors du 800 m, il est réintégré in extremis suite à la délivrance d’un certificat médical.

Digne successeur de Nordine Morceli, le miler offre à l’Algérie et au monde arabe la première médaille d’Or de ces jeux de Londres. Et déclare « C’est un don de Dieu. Hier, j’étais viré. Aujourd’hui, je gagne. Je fais cadeau de ma médaille à tout le peuple algérien et aux peuples arabes. »

Mehdi Baala revient sur son altercation avec Mahiedine Mekhissi

Tout le monde se souvient de la bagarre entre Medhi Baala et Mahiedine Mekhissi à Monaco. A l’occasion d’une interview accordée à L’Equipe Mag, le "miler" français est revenu sur cet épisode. Extraits.

Karim Ben Ismaïl : Monaco a aussi été l’occasion d’un pugilat avec Mahiedine Mekhissi

Medhi Baala : Vu mon chrono, j’étais euphorique. Je suis allé saluer tous les concurrents. Quand j’ai été le voir pour le réconforter, il n’a pas compris et c’est parti. J’ai compris plus tard en discutant avec lui, qu’il y avait eu un malentendu. Un tiers lui avait rapporté un truc que j’étais censé avoir dit à Font-Romeu. On a deux personnalités fortes.

KBI : Vous ne vous êtes jamais appréciés…

MB : On n’est pas de la même génération ( Baala est plus âgé de sept ans), on n’est pas des amis. Mais entre nous, il y avait le minimum de courtoisie : "bonjour, au revoir". Toutes les histoires qu’il y a eu après sa médaille d’argent aux Jeux de Pékin ( sur 3000 m steeple), ça ne me regarde pas. Je fais mon truc. Lui, il est soumis au même protocole de contrôle antidopage. Je n’ai pas de doutes à avoir. Je ne calcule pas tout ça.

KBI : Les images de votre bagarre sont passés en boucle sur les télés…

MB : Ça ne m’a pas affecté. En revanche, le lâchage d’un partenaire que je ne citerai pas m’a foutu les boules. C’a été l’opportunité pour eux de gratter un peu d’oseille en nous pénalisant alors que nous nous sommes excusés. J’ai trouvé ça lamentable.

Affûté, en pleine préparation des JO de Londres à Potchesfstroom en Afrique du Sud, le spécialiste du 1500 mètres âgé de 34 ans croit en ses chances malgré le scepticisme qui l’entoure  "Je me sens libéré. J’ai zéro stress, aucune pression. Personne ne  m’attend plus. Ils croient que je suis mort. Tant mieux. C’est bien. Moi, je crois en moi."

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