OBAMA 2

Carte des tweets racistes aux Etats-Unis après la réélection d’Obama

Barack Obama vient d’être réélu Président des Etats-Unis d’Amérique. Sa réélection, il la doit, en partie, d’un point de vue statistique, au vote des minorités qui a été décisif. Plus de neuf électeurs noirs sur dix ont votés pour le candidat démocrate. Et  plus de sept latinos sur dix ont mis un bulletin Obama dans l’urne.

L’autre enseignement de ce vote, c’est que la réélection de Barack Obama ne va pas entraîner l’Amérique vers une société post-racial. Les très nombreuses réactions hostiles et racistes à la réélection du premier Président noir de l’histoire des Etats-Unis nous rappellent que la fracture raciale existe bel et bien en Amérique. Cependant, à la lecture des chiffres, il faut se garder de tirer des conclusions hâtives : Obama n’aurait pas de problèmes avec le vote "blanc". Pour deux raisons. La part de ce vote dans l’électorat global diminue depuis le début des années 80. Par ailleurs, le candidat démocrate enregistre autant de voix "blanches" en 2012 que Bill Clinton en 1992 (39 %)  et fait mieux que Jimmy Carter en 1980 ( 36 %) .

Vu de France, cette élection nous apporte d’autres enseignements. La crise n’explique pas, à elle seule, la défaite de Nicolas Sarkozy. Et la Droite devra sérieusement réfléchir à l’impact du vote ethnique dans le résultat d’une élection. Aux Etats-Unis, seul un électeur "non-blanc" sur dix a voté Républicain. Ce chiffre nous rappelle l’impact du vote musulman qui avait largement profité à François Hollande en mai dernier(d’après le Cevipof, 93 % des français musulmans inscrits avaient votés pour le candidat socialiste). Ces résultats, en France et aux Etats-Unis, nous éclaire aussi sur le lobbying actif que mène la Droite contre le projet de loi sur le vote des étrangers. A l’avenir, la Droite ne pourra plus continuer de fermer les yeux sur les transformations de la société française. Si elle opte pour la même stratégie que les Républicains aux Etats-Unis, à savoir parler aux français à travers le prisme du conservatisme, elle sera alors condamnée à perdre.

La politique étrangère de François Hollande

François Hollande – TF1

Ce soir, François Hollande va livrer son premier grand oral de Président à la télévision. L’occasion pour lui de parler de la situation de la France et très probablement de la Syrie. En matière de politique étrangère, il est très difficile de définir la doctrine Hollande. Y-a-t-il véritablement une doctrine Hollande pour un homme qui s’est rarement exprimé sur sa politique étrangère ? Tout juste élu Président, François Hollande n’a pas de convictions dans un  monde  de plus en plus complexe et de plus en plus imprévisible. Pour l’instant, son action montre qu’il fait preuve d’ inexpérience sur la scène internationale et d’un manque de leadership.

Bousculée par son prédécesseur sur le dossier Syrien, son statut de commandant en Chef a été ébranlé. En effet, Nicolas Sarkozy a violé une règle immuable. En France, les affaires étrangères sont la chasse gardée du Chef de l’Etat.  Depuis, François Hollande multiplie les initiatives. Le locataire de l’Elysée s’est entretenu avec Lakhdar Brahimi, le nouveau médiateur de l’ONU en Syrie et  a menacé le régime de Bashar Al Assad d’intervention au cas où celui-ci emploierait des armes chimiques contre son peuple. Le Président français a également ouvert la porte à la reconnaissance d’un gouvernement syrien provisoire. Cela ne l’empêche pas de commettre des erreurs.

Cette semaine, le Président de la République a reçu un homme déçu.  François Hollande a accordé un entretien d’une heure au philosophe BHL au sujet de la crise syrienne. Ce n’est pas la première fois que les deux hommes se rencontrent, ils se sont déjà vus une fois pendant la campagne présidentielle.  Si BHL est l’homme qui murmure à l’oreille des Présidents, il y a de fortes inquiétudes à avoir pour la politique arabe de la France dans les cinq prochaines années. Pro-israélien, BHL est un homme controversé qui semble en priorité agir pour la cause de l’Etat hébreu. C’est en tant que juif qu’il s’est engagé en Lybie et aujourd’hui, il appelle de ces vœux à une révolution en Algérie. Pour François Hollande, avoir l’étiquette d’un Président pro-israélien risque de perturber son mandat et de brouiller l’image de la France dans le monde arabe.

François Hollande n’a pas encore l’aura ni le prestige de Nicolas Sarkozy. Vu la complexité du dossier, la France  impulsera difficilement une campagne syrienne d’autant plus que la Russie et la Chine opposent leurs vetos et que Barack Obama est en campagne pour sa réélection. Mais Hollande a du caractère et il peut surprendre. Cela ne fait que 5 mois qu’il occupe la fonction de Président de la République.

Sur la scène internationale, Hollande ne peut pas rester normal

Bousculé par Nicolas Sarkozy sur la question syrienne, François Hollande devra – très certainement – sur le plan international retravailler sa posture.  Sur la scène  internationale,  le Président de la République Française ne peut pas incarner une Présidence normale.  En effet, François Hollande a face à lui des pointures comme Barrack Obama, Vladimir Poutine ou encore Angela Merkel.

 Si François Hollande ne bouscule pas ses codes, il souffrira toujours de la comparaison avec son prédécesseur. Nicolas Sarkozy a mis du temps à se forger une stature présidentielle  mais sur la scène internationale, l’ancien Président a toujours fait preuve d’une grande énergie et d’une grande pugnacité. Même si les affaires internationales impactent peu les courbes de sondage en France, la posture du Chef de l’Etat à l’étranger est importante pour les français.

La sortie de Nicolas Sarkozy n’a aucune valeur car l’ancien Président est hors-jeu. Dorénavant, il ne fait plus partie de la vie politique française. Concernant la stratégie à adopter, François Fillon, en pôle-position pour représenter la droite en 2017,donne la marche à suivre à l’actuel locataire de l’Elysée. Sur son compte twitter, l’ancien Premier Ministre écrit :

Les critiques de la droite à l’égard de François Hollande restent toutefois surprenantes. En effet, il n’y a pas véritablement de rupture entre la ligne politique de Laurent Fabius et celle d’Alain Juppé.

Najat Vallaud-Belkacem, la voix (et le sourire) du gouvernement

Najat Vallaud-Belkacem – 20H TF1 ( Document TF1)

Najat Vallaud-Belkacem a donc été nommée Ministre des droits des femmes et occupe la prestigieuse  fonction de porte-parole du gouvernement. Un bel exemple de méritocratie républicaine pour celle qui est arrivée en France à l’âge de 4 ans en provenance du Maroc. Charmante, pétillante, la benjamine du gouvernement  arbore toujours un grande sourire et donne l’impression de savoir garder son calme en toutes circonstances.

Après avoir successivement occupée les fonctions de porte-parole de Ségolène Royal puis de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem avait la certitude d’occuper une fonction importante au sein du premier  gouvernement de Jean-Marc Ayraut. La jeune ministre rassemble deux critères essentiels pour entrer dans un gouvernement construit sous le signe de la parité et de la diversité.

Au moment où des rumeurs bruissaient au sujet de la constitution du futur gouvernement, le site lepoint.fr annonçait Najat Vallaud-Belkacem au  Ministère de l’égalité des chances. La nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre dans la twittosphère et les plus critiques désignaient déjà Najat Vallaud-Belkacem comme la énième « beurette de service » chargée de compléter le casting du premier gouvernement de François Hollande. Si la rumeur s’était avérée vrai, ç’aurait été un véritable cadeau empoisonné pour la benjamine du gouvernement que de devoir affronter la vindicte populaire des banlieues. Dans un  rôle à peu près semblable, Fadela Amara s’était maladroitement cassée les dents.

Même si la fonction de Ministre des droits des femmes dépasse les clivages politiques, Najat Vallaud-Belkacem va devoir s’affirmer et démontrer sa capacité à encaisser les coups. Sa décision de ne pas vouloir affronter le suffrage universel dans la 4ème circonscription de Lyon la met déjà en difficulté. La peur de perdre dans une circonscription ou Nicolas Sarkozy est arrivé en tête face à François Hollande ? Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a prévenu que les ministres battus devront quitter le gouvernement

Dans les prochains mois, la jeune ministre  deviendra très certainement la personnalité politique préférée des français. Son principal challenge sera alors de ne pas connaître le sort malheureux de Rachida Dati ou encore, Rama Yade, icônes déchues du Sarkozysme. Celle que Nicolas Sarkozy voyait en 2007 en Condollezza Rice française et qui fût promise à un brillant destin politique a été broyée par la machine UMP. Si en 2017, Najat Vallaud-Belkacem  conserve le sourire, c’est qu’elle aura réussie. 

Présidentielle 2012 : Le vote musulman continue de susciter le débat

Au soir de sa défaite, Nicolas Sarkozy a très certainement livré l’un de ces meilleurs discours de Président : « Donnons l’image d’une France ouverte, d’une France qui ne regarde pas l’autre comme un adversaire ou comme un ennemi [...]»,le candidat de l’UMP a prononcé un discours humaniste qui tranchait avec le ton virulent de sa campagne. Il semble – malgré tout – que les consignes de l’ex-Président soient restées lettre morte.  Mauvaise perdante, la Droite continue de chercher des bouc-émissaires. La première polémique a été balancée sur la place publique par Nadine Morano qui a vue à Bastille « beaucoup de drapeaux étrangers» Le soir du sacre de François Hollande, il y avait en effet des drapeaux, beaucoup de drapeaux : des drapeaux de la révolution syrienne ainsi que des drapeaux palestiniens, algériens, marocains, tunisiens. Il flottait un air de victoire de coupe du monde 1998 à Bastille. Il y avait aussi des drapeaux arc-en-ciel, des drapeaux bretons et beaucoup de drapeau du Front de Gauche.

La deuxième polémique émane du vote musulman : d’après une étude du Cevipof, 93 % des français de confession musulmane ont déposés dans l’urne  une enveloppe avec un bulletin François Hollande. Même si l’abstention a été plus forte dans cette catégorie d’électeur par rapport au reste de la population, il n’en reste pas moins que la proportion est considérable. Sur France Info, Patrick Devedjian a dénoncé un vote  « communautaire » qui demande selon lui « réflexion » car « c’est important et grave». Cette déclaration est un déni de démocratie. Ce chiffre de 93 % exprime surtout le rejet d’un homme et d’un discours.  Un discours qui s’est nettement durci dans l’entre-deux tours. D’ailleurs, à l’annonce de la défaite de Nicolas Sarkozy, beaucoup de français de confession musulmane ont manifestés leurs soulagements.

A l’automne 2011, Henri Guaino, la plume de l’ex-Président avait prévenu « Si on fait une campagne sur la division des français, les uns contre les autres, Parti Socialiste contre l’UMP… Ou pire, si on fait la guerre aux pauvres, si on fait la guerre aux musulmans, on perdra. Le candidat qui fera ça perdra. La défaite morale précède toujours la défaite politique». Visiblement, pour les législatives, l’UMP semble vouloir emprunter le même chemin que lors de présidentielles : un chemin qui les a mené droit dans le mur.

Pourquoi Nicolas Sarkozy A Perdu

Inutile d’accabler un homme qui – aujourd’hui – est à terre. Mais faire l’analyse de la défaite du 7ème Président de la 5ème république reste nécessaire. Décryptage.

Une mauvaise campagne :

Nicolas Sarkozy a perdu l’élection présidentielle. C’est le résultat d’une campagne qui – du début à la fin – a été mauvaise. Entre 2007 et 2012, il y a eu la campagne révolutionnaire de Barack Obama. Comment les équipes de campagne de Sarkozy ont-elles pu passer à côté de ce phénomène ?  En 2012, il ne suffit pas de faire un très beau site internet et des meetings en plein-air pour remporter une élection. Plusieurs fautes graves ont été commises. Tout d’abord, le slogan et l’affiche de campagne :  ces éléments n’ont pas contribués à donner une image plus forte de Nicolas Sarkozy. Au contraire. La France Forte est un slogan plat et creux. Et que dire de l’affiche de campagne qui a été sujette à beaucoup de railleries et de détournements sur le net. Comment des professionnels de la communication ont-ils pus valider une telle affiche et un tel slogan ? Par ailleurs, le clip de campagne de Sarkozy n’était pas non plus à la hauteur des enjeux : il ne véhiculait pas d’émotions si ce n ‘est rappeler les mauvaises ondes de la crise. Le clip de campagne de François Hollande était – quant à lui – beaucoup plus travaillé et soigné. Et comment vouloir gagner une élection de cette envergure quand dans son comité de soutien, on compte des vedettes du passé qui n’ont même pas de pages facebook comme Nadine TrintignantEnrico MaciasVéronique Genest ou encore Claude Lelouch. Sur les réseaux sociaux et notamment twitter, la dynamique était clairement du côté du candidat socialiste. Plus jeune, plus vivante, plus dynamique, plus musicale : la campagne de Hollande était nettement meilleure.

Une très mauvaise campagne de second tour :

Dans l’entre-deux tour, la folie du personnage a éclaté au grand jour. Trop agressif, trop brutal, Nicolas Sarkozy s’est dé-présidentialisé en chassant les voix du Front National. Le candidat de l’UMP qui voulait 3 débats  n’a pas été à la hauteur du seul débat qui l’opposait à François Hollande. L’ex-candidat de l’UMP a eu tort de sous-estimer son adversaire et de l’insulter : à plusieurs reprises, le Président sortant avait  accusé François Hollande de mentir. Laurent Fabius disait de Nicolas Sarkozy qu’il ne respectait pas ses adversaires, durant ce débat, l’ex-Président  a eu l’occasion de le démontrer. En 2007, lors du même exercice, il disait à Ségolène Royal « Pour être Président, il faut garder son calme », un conseil qu’il aurait dû se prodiguer à lui-même en 2012.

Un homme seul :

Pendant 5 ans, l’hyper-Président  a été entouré par une très mauvaise équipe gouvernementale et par une très mauvaise équipe de conseiller.  Nicolas Sarkozy s’est isolé dans sa tour d’ivoire et  a pris de mauvaises décisions. Pendant 5 ans, il a très mal gouverné, ce qui est très surprenant pour un homme qui a plus de 30 ans de vie politique derrière lui et qui, pendant son passage Place Beauvau avait toujours la capacité de sentir le pouls de la société française. Président, Nicolas Sarkozy a été à côté de la plaque. Le candidat de l’UMP en paie aujourd’hui les conséquences au prix fort. Nicolas Sarkozy a présidé seul. Il a aussi mené sa campagne seul, personne à l’UMP ne croyait en sa réélection.

 Le mensonge du message :

Nicolas Sarkozy s’est présenté durant toute cette campagne comme le candidat du peuple mais toute sa présidence a été conduite sous le signe du mensonge. Pendant 5 ans, il a été au service des plus puissants et des forces de l’argent. Pendant 5 ans,  il a méprisé le peuple quand il ne l’a pas mis à l’épreuve. Pendant toute sa présidence, sa parole  était en totale contradiction avec ses actes.

Une cabale médiatique contre lui :

Depuis Raymond Domenech, aucun personnage public en France n’a subi un tel déchaînement de violence et de haine :  Nicolas Sarkozy a littéralement été lynché par la presse. Souvent, les critiques étaient justifiées mais il y a parfois aussi  eu un profond délit de sale gueule. Hier soir, le candidat perdant a adressé aux journalistes un message indirect « François Hollande est le Président de la France et il doit être respecté. J’ai beaucoup souffert que l’institution que je représentais n’ait pas été respecté ».  

François Fillon disait hier soir : "l’histoire lui rendra justice". Peut-être. La France ne pourra très certainement pas s’absoudre de réformes économiques.  Ce Président atypique que les français aimaient détester va sûrement manquer à la France. Mais si Nicolas Sarkozy a perdu cette élection, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

Présidentielle 2012 : Les Résultats du Premier Tour En Israël et en Palestine

Les élections présidentielles de 2012 ont mobilisés les français. Y compris les français de l’étranger. Il est très intéressant d’observer les résultats au Proche-Orient. La région reste la plus explosive  du monde : la Syrie est déchirée par une guerre civile, Israël se prépare à attaquer l’Iran et  le processus de paix est au point mort. A l’heure ou la région peut s’embraser à tout moment,  comment ont votés les Français d’Israël et de Palestine ?

Avantage Nicolas Sarkozy en Israël. C’est un plébiscite pour le Président-candidat. Il enregistre plus de 80 % de voix en Israël. François Hollande arrive en seconde position et très loin derrière avec 8 % des voix. François Bayrou complète le podium avec un score de 7,85 % . Ces résultats sont surprenants dans la mesure ou Nicolas Sarkozy s’était prononcé en faveur de la reconnaissance de l’état Palestinien à l’ONU en qualité d’Etat observateur.Ce résultat est d’autant plus surprenant que l’actuel Président Français entretient des relations exécrables avec le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahou.

Probablement, les français d’Israël veulent laisser les clefs du pouvoir à un homme qui a toujours dit qu’il ferait tout pour protéger l’Etat hébreu. Nicolas Sarkozy sera  un allié inconditionnel d’Israël dans le cas ou une guerre éclaterait contre l’Iran. Il faut malgré tout relativiser la portée de ce résultat : le taux d’abstention des français d’Israël est de 85 %. Seulement 9 452 votants se sont déplacés dans les urnes pour un total de 62 611 inscrits.

Avantage Jean-Luc Mélenchon à Ramallah. Avec 33 % des voix, le candidat du Front de Gauche arrive en tête en Palestine et dans les territoires occupés. Il devance respectivement François Hollande et Nicolas Sarkozy. Le Parti Communiste Français a toujours soutenu le peuple palestinien et condamné la politique agressive d’Israël. Il faut toutefois relativiser la portée de ces résultats. Seul 54 votants se sont exprimés et avec seulement 213 inscrits, le bureau de Ramallah ne peut pas être forcément représentatif d’une tendance .

Source : Ambassade de France en Israël & blog Nicolas Falez

Marine Le Pen Capitalise Sur L’Affaire Merah

Marine Le Pen - Premier Tour Présidentielle 2012

L’affaire Mohamed Merah a donc influé sur le vote des français lors du premier tour des élections présidentielles.   Près de 6,5 millions de français ont mis un bulletin Marine Le Pen dans l’urne. Un score astronomique !

Pourtant, la candidate de l’extrême-droite ne s’est pas particulièrement illustrée durant ces élections. Elle a même été largement éclipsée par le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon qui s’est révélé durant toute cette campagne. Une personnalité fade et sans charisme, un discours creux, une campagne moyenne : Marine Le Pen n’a pas marqué de son empreinte cette élection présidentielle. Alors, comment expliquer la surprenante percée de Marine Le Pen dans les urnes ce dimanche ?

Il est très complexe de faire une analyse politique du vote Front National. Le parti fondé par Jean-Marie Le Pen s’est toujours illustré lors des scrutins présidentiels mais en 2012, il réalise un score historique : 18,50 % des suffrages exprimés. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce vote que plusieurs responsables politiques qualifient de « vote de colère » : le racisme intrinsèque d’une frange de la population française, la crise économique, l’immigration, la peur de l’islam…

Très certainement, la campagne de Marine Le Pen a connu un avant et un après Mohamed Merah. Avant les évènements de Toulouse et Montauban, Marine Le Pen parlait du fondamentalisme musulman sans réellement marquer les esprits. Depuis l’affaire Merah, sa campagne a pris une autre dimension et sa croisade anti-musulman a visiblement rencontré un large écho au sein de l’électorat. « Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions qui chaque jour arrivent en France remplis d’immigrés ? » « Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ? » a-t-elle inlassablement répétée dans les meetings ou les médias.

Il y a clairement  eu une récupération politique de l’affaire Merah. Le Grand Reporter Helbert Frederic, sur son compte twitter rapporte les propos d’un député UMP « La gestion politique de l’affaire Merah a pesé lourd… Nicolas Sarkozy et Claude Guéant devaient siphonner les voix du Front National, ils ont été les meilleurs VRP de Marine Le Pen. »

Désormais, ce ne sera pas une campagne républicaine entre la gauche et la droite classique mais une guerre entre la Gauche et l’extrême-droite. Le second tour entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sera beaucoup plus serré que laissent entendre les sondages . Et le Président-Candidat Nicolas Sarkozy sait très bien que Marine Le Pen sera l’arbitre de sa victoire ou de sa défaite.

Hollande ou Sarkozy : Pour qui vote la rue arabe ?

Meeting Nicolas Sarkozy - Place de la Concorde Paris

Si les élections présidentielles ne suscitent pas un engouement exceptionnel en France, elles suscitent un intérêt certain dans le reste du monde. Et plus particulièrement dans le monde arabe. La France reste l’un des rares pays en Occident à avoir une politique pro-arabe.

Nicolas Sarkozy. L’actuel Président de la République est le chef de l’état le plus impopulaire  de l’histoire de la Vème république. Il est vrai qu’au niveau national, Nicolas Sarkozy a été un très mauvais Président. A contrario – hormis l’affaire libyenne – le Président français a connu plusieurs succès  sur la scène internationale. Il a présidé l’Union Européenne de façon magistrale et a contribué à sauver la monnaie unique.

Pendant son mandat, l’une des principales qualités de Nicolas Sarkozy a été de regarder vers le sud. Son premier grand projet d’envergure a été l’Union pour la Méditerranée. Dans l’esprit, l’idée était très bonne mais sur le terrain, très complexe voire impossible à mettre en œuvre.  Nicolas Sarkozy, c’est aussi l’ami des dirigeants arabes. Quels qu’ils soient.  Le Président français a contribué à redonner une virginité diplomatique au sanguinaire Mouammar Kadhafi. Il a également accueilli Bashar Al Assad à l’Élysée et offert à Hosni Moubarak, la Présidence de l’UPM. La rencontre de Nicolas Sarkozy avec ces dictateurs montre que sous son ère, la France a clairement ratée le virage du Printemps Arabe. De plus, les diplomates français en poste dans le monde arabe ont été incapables d’analyser le vent de changement qui se profilait dans ces pays. Le point culminant de cette crise a été atteint lorsque la ministre des affaires étrangères Michel Alliot-Marie a proposée l’expertise de la police française au dictateur Ben Ali pour réprimer les manifestations en Tunisie.

L’autre grave erreur de Nicolas Sarkozy a été de suivre les conseils de l’intellectuel controversé Bernard Henry Levy pour s’engager dans une guerre contre Mouammar Kadhafi. La guerre de l’OTAN en Libye a eu pour principales conséquences de déstabiliser l’Afrique du Nord,  militariser la région et  renforcer AQMI. Allié d’Israël, Nicolas Sarkozy défend néanmoins la cause palestinienne. Même s’il entretient des relations exécrables avec le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahu, il réserve – en cas de réélection – son deuxième voyage (après l’Allemagne)  en Israël pour tenter de relancer le processus de paix. Nicolas Sarkozy entretient également d’excellentes relations avec l’émir du Qatar. L’émirat investit massivement en France et le Président français est intervenu personnellement pour encourager le Qatar à reprendre le PSG. Malgré tous ces points, l’image de Nicolas Sarkozy au sein de la rue arabe n’est pas forcément bonne : il  a fait voter les lois les plus dures contre l’immigration, il veut suspendre les accords de Schengen et réduire l’immigration légale en France. Les pays du Maghreb sont principalement visés par ces dispositions.  De plus, la loi contre la burqa a contribué à ternir considérablement l’image de la France dans le monde arabo-musulman.

François Hollande. Le candidat socialiste n’a pas d’expériences internationales. Pour la France, cela peut constituer un lourd handicap car les questions internationales sont de plus en plus complexes à traiter et à comprendre. En matière de politique étrangère, personne ne connaît le programme de François Hollande. Sur le conflit Israélo-palestinien, il ne s’est jamais exprimé. Il y a quelques semaines, François Hollande a déjeuné avec BHL, un intellectuel  qui n’a jamais caché son soutien à l’État d’Israël. D’ailleurs, l’État hébreu a une nette préférence pour le candidat socialiste.

Au Maghreb, il compte s’appuyer sur le Maroc. Pour démontrer sa stature internationale, il souhaitait rencontrer Mohamed VI en mars dernier.  Même s’il a participé aux commémorations du 17 Octobre 1961 et a rendu hommage au Président défunt Ahmed Ben Bella, il ne devrait pas chercher à séduire Alger avant 2014 : année de la prochaine élection présidentielle en Algérie. Le favori des sondages range Abdelaziz Bouteflika dans la catégorie des dirigeants arabes pas forcément fréquentables.  Enfin, François Hollande ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée du Qatar en France, il surveillera de près l’action des qataris.

 Si l’actuel Président perd, Nicolas Sarkozy manquera beaucoup aux dirigeants du monde arabe mais pas forcément aux peuples arabes . Avec Hollande, les dirigeants arabes devront s’attendre à un autre style et à plus de réserves.  Avec François Hollande, la voix de la France risque de se faire moins entendre au niveau international : le candidat socialiste adoptera probablement la stratégie de Barack Obama et se concentrera sur les problèmes domestiques de la France. Avec François Hollande, la France sera probablement moins pro-arabe. Toutefois, François Hollande ne devra pas faire l’erreur de rompre totalement avec le monde arabe, la France a besoin de vendre ses produits et services dans un monde arabe en plein bouleversement. Et en pleine croissance.

Twitter : @JFouadK

Le SMS Anti-Hollande.

Contrairement à ce que peuvent laisser penser les sondages, la campagne présidentielle française sera très serrée en France. Nicolas Sarkozy – le Président le plus impopulaire de l’Histoire de la 5ème République – peut encore gagner. Et dans cette élection importante, tous les moyens sont bons pour gagner des voix. La presse française a relatée une étrange campagne de SMS anti-Hollande qui le décrit comme franc-maçon, pro-sioniste et intolérant à la religion. D’après l’hebdomadaire Paris Match, ce SMS est impulsé par l’UMP mais écrit par des musulmans.

 François Hollande inspire de la méfiance chez les musulmans radicaux. Et la loi portée par le Parti Radical de Gauche au Sénat sur le port du voile des assistantes maternelles ne l’aidera pas à la dissiper. Sur les questions de droit des femmes ou de laïcité, il y a une  différence abyssale entre les idées de Hollande et les convictions des musulmans. Sur la Palestine, sujet hautement sensible pour les musulmans dans le Monde, il ne s’est jamais véritablement engagé mais son déjeuner avec le très controversé intellectuel pro-israëlien Bernard Henry Levy n’est pas rassurant. Sur les questions de politique étrangère, les socialistes sont moins pro-arabe que la Droite :  il faut se rappeler de la bourde de Lionel Jospin qui – en Février 2000 en Israël –   avait qualifié le Hezbollah de mouvement terroriste. A contrario, Jacques Chirac avait poussé un coup de gueule en 1996 contre les services de sécurité israélien quand ils l’ont empêché d’aller à la rencontre des palestiniens. Ces 2 anecdotes suffisent pour résumer le positionnement des 2 partis sur la question du conflit Israélo-Palestinien.

 Dans le livre de Christophe Barbier Maquillages,  Jean-Luc Mélenchon, le Président du Front de Gauche a théorisé sur la difficulté de la Gauche à s’imposer dans les quartiers populaires :  "Vous savez pourquoi le NPA est fichu ? C’est parce que on ne transforme pas un groupuscule d’intellectuels juifs du quartier latin en partie de masse des banlieues musulmanes." Le candidat du peuple pourrait aussi intégrer le Parti Socialiste dans son analyse.

Dans une étude récente du CEVIPOF, Claude Dargent écrit : "la victoire à la Présidentielle est acquise grâce à une avance de quelques points. Le segment électoral que constituent les musulmans peut donc se révéler décisif."  Dans une société multiculturelle, il ne fait aucun doute que le vote communautaire est important mais les Hommes Politiques, les analystes, les journalistes se trompent. Le vote musulman en France reste marginal : les français issus de l’immigration maghrébine voteront comme l’ensemble des français sur des sujets qui leurs tiennent à coeur comme l’emploi, le logement ou les discriminations. En 2007, Ségolène Royal - lors d’une déclaration hallucinante – avait mis sur le même plan les femmes voilées et les femmes violées. Cela n ‘a pas empêché à la candidate du Parti Socialiste d’arriver Première dans les quartiers populaires.

SMS contre la proposition du PRG contre le port du voile pour les assistantes maternelles

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