#CheatSheet * : Obbadi, le bon choix de Ranieri

Mounir Obbadi est un joueur à part dans le collectif monégasque. C’est le seul à avoir été recruté par Claudio Ranieri. Impressionné par le milieu lors de Monaco-Troyes (1-2, le 3 octobre 2012), en huitième de finale de la Coupe de la Ligue, l’entraîneur italien de l’ASM a insisté, jusqu’au mercato, auprès de ses dirigeants pour qu’ils engagent le capitaine de l’ESTAC(**). "Mounir nous a apporté de l’équilibre, expliquait Ranieri la semaine dernière. C’est un très bon lien entre la défense et l’attaque." Avec le Marocain(29 ans), formé au PSG puis passé par Angers(2004-2006) avant de rester cinq saisons et demi à Troyes, Monaco se comporte enfin comme une équipe alors que l’ASM était jusqu’ici dépendante de ses individualités. "Ce que dit le coach est valorisant, répond Obbadi. On ne peut qu’être sensible aux compliments d’un tel entraîneur. Il me demande de jouer comme je sais faire, le plus simplement possible. J’aime faire jouer l’équipe, j’ai toujours aimé ça. Et le boulot ne me rébute pas. Je n’ai jamais lâché, ni triché." Depuis son arrivée le 23 janvier, l’équipe monégasque est d’ailleurs invaincue. Entré contre Guingamp (2-2, le 26 janvier), il a offert l’égalisation à Adrianio. Puis il a enchaîné par trois succès face à Arles-Avignon (2-) le 4 février, Le Havre(2-1, le 8), et Dijon(2-0, le 18). "Son influence se fait de plus en plus ressentir, ajoute Ranieri. Pour l’instant, il offre exactement ce que je pensais qu’il apporterait." En cas de succès contre Lens ce soir, Monaco posséderait huit points d’avance sur le quatrième (Guingamp). Mais Obbadi ne s’emballe pas. Il se souvient qu’en 2008, Troyes avait eu jusqu’à douze points d’avance sur Grenoble… qui était finalement monté en L 1 au détriment de l’ESTAC.

* Article de Jean-Pierre Rivais, publié dans L’Equipe ( 25 février 2013).

(**) Il a signé pour une saison et demie (avec option pour une prolongation).

Mohammed VI finance la mosquée de Blois

C’est une information qui ne devrait certainement pas passer inaperçue : le roi du Maroc Mohammed VI contribue au financement de la mosquée de Blois à hauteur de 787 000 euros. Cette opération constitue un drame pour un islam de France – qui pour s’émanciper – doit couper le cordon ombilical avec des puissances étrangères et plus précisément avec les pays du Maghreb. C’est aussi un épisode de plus dans la guerre que se livre l’Algérie et le Maroc pour le contrôle de l’Islam de France : la Mosquée de Paris est sous l’influence d’Alger tandis que le CFCM, présidé par Mohamed Moussaoui, est plus proche du Maroc.

Le financement de cette mosquée par Mohammed VI est maladroite à plus d’un titre : ce financement  va forcément nourrir la polémique en France et donner des arguments à l’extrême-droite française et à sa leader Marine Le Pen.  Sur la question du financement des mosquées, il sera également intéressant  d’observer la réaction des autorités françaises et du nouveau ministre de l’intérieur Manuel Valls. La France doit lever le voile sur des années d’opacité et aider l’Islam de France : la loi de 1905 est obsolète et la question d’une aide financière de l’état pour la construction des lieux de culte ne doit plus être taboue.  Ce financement est aussi maladroit à l’heure ou le Maroc n’est pas épargné par le printemps arabe : les Marocains manifestent pour dénoncer la  grave crise sociale que traverse le pays sur fond de hausse continue du chômage.

AQMI : Entretien avec Serge Daniel

Serge Daniel, l’auteur de l’excellent livre "AQMI, l’industrie de l’enlèvement" ( Fayard, environ 20 €)  nous livre ces analyses sur les évènements au Sahel. Entretien.

Fouad Kemache : Pourquoi avez-vous choisi d’appeler votre livre "Aqmi, l’industrie de l’enlèvement" ?

Serge Daniel : Souvenez-vous qu’en juillet 2010, les "Shebabs" ont gagnés leurs grades (permettez l’expression inappropriée)  en commettant un double attentat à Kampala, qui a fait au moins 74 morts.  A partir de là, les projecteurs se sont vraiment braqués sur ce groupe. Pourtant le groupe était à l’origine un mouvement de jeunesse ("Shebabs" signifie « les jeunes » en langue arabe) affilié à l’Union des tribunaux islamiques (UTI) somaliens, qui s’était emparé du pouvoir à Mogadiscio en 2006. Donc depuis 2006, le groupe existait. Dans le cas d’Aqmi, les phares se sont braqués sur ce groupe, essentiellement à cause des enlèvements. Et pour que l’industrie de l’enlèvement tourne, on enlève des otages, on les relâche contre paiement d’une rançon, ça permet de recruter des jeunes dans les rangs d’Aqmi, ça permet d’acheter des armes, de confectionner des explosifs. Aqmi tourne donc autour de l’industrie de l’enlèvement. Et selon moi, en payant des rançons, les pays occidentaux participent à l’essor de cette industrie de l’enlèvement. Je vais vous souffler quelques chiffres : l’Espagne a payé 8 à 9 millions d’euros pour obtenir la libération de ces otages. L’Autriche 2 à 3 millions d’euros. L’Italie a payée il y a quelque semaine 3 millions d’euros pour obtenir la libération d’une italienne, le Canada, 2 à 3 millions d’euros, l’Autriche a payé. Seule la Grande-Bretagne a refusée de payer et du coup, son otage a été tué.

Le sahel est devenu un entrepôt d’otages pour Aqmi. Mais réduire Aqmi à une organisation qui enlève seulement des otages pour avoir de l’argent, est une erreur. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu’on a en face de nous, une bande de voyous. Il y a une idéologie, un vernis idéologique qui devient de jour en jour une peinture, et qui risque de devenir une véritable marque. Aqmi recherchait dans le sahel trois choses : tuer l’industrie touristique en empêchant les pays du sahel de bénéficier de cette importante manne financière. C’est fait. Aqmi voulait faire parler d’elle. C’est fait. Mais l’organisation, voulait également occuper un espace. Aujourd’hui, l’organisation occupe un espace dont la superficie est égale à celle de la France et de la Belgique réunies. En janvier 2012, lorsqu’éclate la rébellion touareg, beaucoup de gens ont été aveuglés par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Je ne dis pas que ce mouvement ne représente rien. Mais c’est faire preuve d’une méconnaissance totale du terrain que de dire que c’est essentiellement le MNLA qui a combattu l’armée malienne pour conquérir les localités de Tessalit, d’Aguelok, et de Kidal dans le nord-est du Mali; et que Aqmi et le mouvement islamique Ansar Dine  dirigé par Iyad Ag Ghaly, n’ étaient que des supplétifs du MNLA. Permettez l’expression, c’est le MNLA qui était dans le nord-est du Mali, le supplétif d’Aqmi et de Ansar Dine.  Le nord-est du Mali est la seule région au Mali où on trouve des touaregs de la tribu des iforas, et rien ne se fait dans leur région sans eux. Surtout qu’on assiste ces derniers années à une alliance entre noblesse de robe et d’épée.

 Aujourd’hui donc c’est l’alliance Aqmi/Ansar Dine qui contrôle le nord du Mali. Ils ont un territoire.  Et l’industrie de l’enlèvement va contribuer à renforcer leurs positions. Une remarque à ce sujet : alors que la ville de Tombouctou était sous contrôle de Aqmi/Ansar Dine, une otage suisse a été enlevée. Pour la libérer, c’est le porte parole des islamistes à Tombouctou qui a joué la plus importante partition.

Fouad Kemache : Dans votre livre, vous relatez l’épisode "Air Cocaïne". Une affaire qui a pu être dénouée grâce à l’appui des autorités marocaines…

Serge Daniel : Dans l’affaire "Air Cocaïne", C’est grâce au Maroc que l’enquête malienne a avancée. Je l’explique dans le livre. Retenez ce nom « Miguel » !Il est actuellement en prison à Bamako. C’est un espagnol qui vient d’être condamné à une peine de sursis pour complicité de meurtre. En fait, en sa présence, son garde du corps a tué et coupé la tête d’un de ses associés. Mais s’il reste en prison, c’est à cause de l’affaire de Air Cocaïne. Selon les services de renseignements maliens, c’est le Maroc qui a envoyé à Bamako un dossier consistant qui a permis de confondre l’espagnol arrêté ici et sa bande. Miguel a des complices au Maroc qui ont été arrêtés et qui ont parlés. La charge utile de l’avion est de dix tonnes. Et quand vous prenez une calculatrice, les dix tonnes rapportent trois cent millions d’euros. C’est environ l’équivalent de la somme dépensée par la France lors de son intervention en Libye. Ou si vous aimez vraiment les comparaisons, c’est l’équivalent de l’aide promise il y a quelque mois aux buralistes et vendeurs de tabac en France par le gouvernement Fillon qui vient de démissionner. L’avion de la drogue venait d’Amérique latine, il a transité par la Guinée Bissao et a terminé sa course dans le désert malien. Parmi les pilotes, il y avait une femme. Comme je l’explique dans le livre, des maliens, des maghrébins, des africains au sud du sahara, des européens sont complices . En matière de lutte contre Aqmi, comme contre le trafic de drogue, seule une coopération globale peut porter fruit.

Fouad Kemache : Al Qaëda a été considérablement affaiblie en Afghanistan et au Pakistan par l’attaque de drones américains, est-ce que le Sahel peut devenir le nouveau centre de gravité d’Al Qaëda dans le monde ?

Serge Daniel : Je pense que c’est déjà le cas. C’est la première fois qu’une alliance dans laquelle se trouve Aqmi contrôle une zone aussi vaste. Regardez un peu le mode de fonctionnement d’Aqmi. On enlève des otages en Algérie, au Mali, au Niger, en Mauritanie. On commet des attentats en Mauritanie, en Algérie. On n a une base désormais au nord du Mali. Ça s’appelle faire un maillage efficace du sahel. Sans oublier qu’actuellement dans les katibas sahéliennes, Aqmi recrutent des jeunes originaires d’Afrique subsaharienne. Ça veut dire que Aqmi songe déjà à étendre ses tentacules. Et n’oubliez pas qu’au Nigeria, la secte boko haram pousse des ailes. C’est une secte qui certes contrairement à Aqmi n’a pas fait allégeance à Al-Qaïda, mais qui fonctionne en Y. Une branche de Boko Haram s’occupe de l’intérieur du Nigéria, (attentats, lutte contre le christianisme, enlèvement, etc…) , et une autre branche est connectée à Aqmi. Sur une carte, vous voyez les conséquences : à court, à très court terme, Aqmi avec la complicité de Boko Haram, peut frapper dans n’importe quel pays de l’Afrique de l’ouest. C’est d’autant plus possible que la nébuleuse a des cellules dormantes dans plusieurs pays. Il y a deux mois à Bamako, deux jeunes (14, et 15 ans)  originaires du sud du Mali, ont été arrêtés. Pour tester leurs capacités à manier une arme, on leurs a tendu une kalachnikov . Savez vous le résultat ? Ils étaient non seulement adroits comme des tireurs d’élite, mais ils savaient démontrer l’arme, l’apprivoiser.

Fouad Kemache : Pensez-vous comme Nicolas Sarkozy que l’Algérie a la clef pour résoudre l’ensemble des problèmes qui se pose dans la région du Sahel ?

  Serge Daniel : L’Algérie – seule – ne peut pas résoudre l’ensemble des problèmes dans la région du Sahel. Malgré ses moyens (le budget de l’armée algérienne est quatre fois supérieur au budget national d’un pays comme la Mauritanie). Et l’Algérie a ses problèmes internes. En revanche, sur la plan de la géopolitique, l’Algérie partage plus d’un millier de kilomètres de frontières avec le Mali. C’est important. L’Algérie connaît très bien la nature du problème. Dans le passé, Alger  a joué les médiateurs dans plusieurs crises touareg. Je me souviens d’un très grand connaisseur du dossier, l’ambassadeur Abdelkrim Greïb. Il fait partie des rares diplomates qui m’ont impressionné dans ma vie. Il y a dix ans, il avait prévu ce qui se passe aujourd’hui. La crise en Libye, les répercussions au sahel, etc.. J’ai récemment appris que le Maroc se proposait d’organiser avant la fin de l’année, une réunion sur le sahel. Je vois moi, l’Algérie et le Maroc,  devenir pour le sahel, ce que la France et l’Allemagne sont pour l’Europe : un moteur de développement. L’Algérie  a donc son rôle à jouer parce que  la zone fait partie de leurs préoccupations. Mais les autorités algériennes parlent si peu. C’est une force, mais c’est également une faiblesse.

Accueil favorable pour François Hollande au maghreb

François Hollande – Bercy Crédit Photos laruearabe.com

L’élection de François Hollande à la tête de la France a été relativement bien accueillie dans les pays du Maghreb. Une semaine avant sa victoire, une délégation du Partis Socialiste emmenée par Benoît Hamon s’était rendu en Algérie pour dissiper les malentendus suscités par la présidence Sarkozy et  préparer une éventuelle visite du candidat socialiste en Algérie. Abdelaziz Bouteflika attend du nouveau Président français "une lecture juste de l’Histoire, loin des guerres de mémoires" : une repentance que Nicolas Sarkozy a toujours rejeté. En sollicitant les voix des harkis et en demandant une renégociation des accords sur l’immigration avec l’Algérie, le candidat de la Droite s’était mis hors-jeu aux yeux des dirigeants algériens.

Le Président tunisien Moncef Marzouky a également tendu la main à François Hollande  «Le peuple tunisien, qui a réalisé une révolution contre la tyrannie, est aujourd’hui sur la voie de la construction des institutions de son nouvel Etat tout en aspirant à rebâtir de nouvelles relations avec la France». Enfin, Saad Dine El Othmani, ministre des affaires étrangères du Maroca rencontré hier à Paris Pierre Moscovici pour "réitéré les félicitations" du Roi Mohammed VI à l’encontre de François Hollande.

Koutoubia s’affiche au Nou Camp

Logo Koutoubia

Koutoubia, le premier groupe de transformation de viandes au Maroc s’est offert une vitrine de luxe en s’affichant sur les panneaux publicitaires du Nou Camp lors du clasico entre le FC Barcelona  et le Real Madrid. Selon Mediapro, l’entreprise détentrice des droits de la liga, l’audience pour ce match devait s’établir à 400 millions de téléspectateurs dans le monde. Une excellente manière de faire connaître son entreprise.

Incident diplomatique entre Alger et Rabat aux obsèques de Ben Bella

Abdelaziz Bouteflika & Moncef Marzouky devant la dépouille de Ahmed Ben Bella - Document Canal Algérie.

Ces dernières semaines pouvaient laisser entrevoir une nette amélioration des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc. La visite d’État du Ministre des affaires étrangère Saâd Eddine El-Othmani en Algérie était porteuse d’espoir avec la création de partenariats ainsi que la timide relance de l’Union du Maghreb Arabe.

Ces efforts risquent d’être mis à mal par le grave incident diplomatique qui s’est produit lors des obsèques du Premier Président de l’Algérie indépendante. En constatant la présence du Président de la République Arabe Sahraouie Mohamed Abdelaziz, la délégation marocaine a immédiatement rebroussée chemin. Alger n’a pas commenté cette attitude mais elle risque d’avoir de lourdes conséquences : dans l’immédiat, l’ouverture de la frontière Algéro-Marocaine est forcément compromise. Cet incident met à mal tout idée qu’il est possible de construire un Maghreb Arabe Uni sans une résolution préalable de la question du Sahara Occidentale. Sur le sujet, les positions d’Alger et de Rabat sont totalement opposées . Maladresse d’Alger ? Réaction disproportionnée du Maroc ? Le Front Polisario est devenu un acteur politique majeur avec lequel le Maroc devra obligatoirement négocier.

Renault Made In Algeria ?

Crédit Photos : LARUEARABE.COM

Renault vient d’inaugurer à Tanger une usine hors-norme qui a nécessité un investissement colossal de 1.1 Milliard d’euros. Un site de production pour l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb ? Non. C’est un site pour exporter des véhicules low-cost de la marque Dacia vers l’Europe de l’Ouest. C’est le monospace Dacia Lodgy qui sera produite sur le site de Tanger.Pour un groupe français, c’est une Révolution résumé par la Une du 1er quotidien économique français Les Echos Renault brave au Maroc le tabou des délocalisations. En période électorale, le thème des délocalisations et de la désindustrialisation est très sensible en France. La France a perdue 900 usines et détruit 100.000 emplois industriels ces 3 dernières années.

Le Maroc a déroulé le tapis rouge pour Renault : Les infrastructures sont modernes, le coût du travail bas et les modalités d’investissements très simples. De plus, Tanger Med - le plus grand Port d’Afrique – est situé à quelques kilomètres à peine de l’Europe. Mais Renault ne compte pas s’arrêter là. La marque au losange est également en contact avancé avec les autorités algériennes pour la création d’un site de production en Algérie. Est-ce que la création d’un deuxième site de production au Maghreb est judicieux pour le Groupe d’un point de vue économique ?

Dans un premier temps, le projet ne serait qu’une simple usine de montage pour le marché local et non un site tourné vers l’exportation.Même si les négociations sont avancées, le dossier est loin d’être conclu. Plusieurs points de discordes subsistent parmi lesquels un site  qui ne répond pas aux attentes de l’entreprise française : « On ne va pas aller dans leur micro-port, complètement paumé, mieux vaut être dans la région d’Alger, plus proche du marché local », estime un dirigeant de Renault au quotidien Les Echos. Ensuite, le Groupe doit affronter des obstacles d’ordre géopolitique : les échanges commerciaux sont totalement bannis entre l’Algérie et le Maroc. Dans ces conditions, comment réaliser des synergies et des économies d’échelles entre les 2 sites ? Enfin, la loi sur les investissements étrangers qui obligent les entreprises étrangères à s’associer à un acteur local est très contraignante. Malgré tout, Carlos Ghosn veut tenter le pari algérien « Nous sommes extrêmement intéressés, bien qu’il n’y ait pas encore de décision. Renault est la première marque en Algérie, il n’est pas question de laisser venir qui que ce soit à notre place ». Sur ce point, l’Algérie est aussi en contact très avancé avec le groupe Volkswagen.

CAN 2012 : Maroc, autopsie d’un fiasco

Pour les observateurs, le Maroc faisait office de grand favori de la CAN 2012. Beaucoup d’espoir reposait sur cette nation pour gagner la plus prestigieuse des compétitions sportives africaine. Le Maroc a déjoué et échoué. Qui sont les responsables de ce fiasco :

La fédération Marocaine ?

En observant le CV du Président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fassi Fihri, on découvre que le Patron du football marocain cumule des fonctions extra-sportives : en plus d’être Président de la FRMF, il est aussi le Directeur Général de l’Office Nationale d’électricité et de l’Office Nationale de l’Eau Potable. Un homme qui n’a pas la connaissance du football de Haut Niveau peut-il prétendre diriger une institution sportive ? Par ailleurs, il y aurait aussi eu d’après le site passionfoot.ma un différend entre Gerets et Fissi sur la question des primes : ne faut-il pas régler ce genre de problème avant le début de la compétition ? En Afrique, le football a aussi une fonction Politique. Nul doute que le Roi du Maroc Mohamed VI interférera pour faire le ménage dans les plus hautes sphères du football Marocain.

Le sélectionneur ?

Eric Gerets veut continuer sa mission à la tête des Lions de l’Atlas. Après la défaite, cette hypothèse – dans un pays africain – n’est jamais envisageable : le sort de son homologue sénégalais Amara Traoré est déjà scellé. Après une campagne africaine calamiteuse, il y aura très certainement du changement à la tête de la sélection marocaine pour les éliminatoires de la CAN 2013 et surtout pour préparer la coupe du Monde 2014 au Brésil. Dans son contrat d’objectif, il devait au moin arriver en finale de cette CAN qui – délestée de ces favoris(Egypte, Cameroun, Nigeria) – offrait un boulevard à l’équipe nationale marocaine. Le vrai test pour ce technicien arrivé en novembre 2010, c’était la Coupe d’Afrique. Après la défaite contre la Tunisie, il promettait une belle surprise pour le match contre le pays co-organisateur de cette compétition : le Gabon. Il n’en a rien été. Un entraîneur qui perd peut-il conserver une autorité sur son groupe ? C’est difficilement concevable. L’épisode Adel Taarabt en Juin dernier avait déjà contribuer à affaiblir son emprise sur le groupe.  Critiqué par les anciens sélectionneurs sur sa tactique, critiqué par la presse, critiqué par les supporters, la position du technicien belge est dorénavant intenable. Il devra partir.

Les Joueurs ?

Les rumeurs rapportent que la non-qualification pour la Coupe du Monde 2010 était due à une ambiance délétère au sein du groupe Maroc entre les  joueurs locaux et les joueurs évoluant en Europe. En 2012, l’ambiance n’était pas non plus des plus joyeuses : le site internet passionfoot.ma rapporte une altercation à l’entraînement entre Marouane Chamakh et le Capitaine Kharja.

Entre les joueurs contestés comme Marouane Chamakh, symbole des joueurs qui ne sont pas titulaires dans leurs clubs et les joueurs en fin de cycle comme Youssef Hadji, le statut de favori était surement trop lourd à porter pour une sélection qui n’ a remporté qu’une seule fois le titre de Champion d’Afrique (1976). Enfin, la fébrilité psychologique des joueurs marocains a sauté aux yeux dans la deuxième mi-temps du match contre le Gabon : le duo d’attaque CousinAubameyang a littérallement pulvérisé la défense marocaine. La sortie du Maroc a ce stade de la compétition a vraiment surpris plus d’un observateur et ouvre les portes d’une nouvelle compétition qui n’ a pas fini de nous surprendre.

Gabon – Maroc : Chamakh sur le banc ?

L’élimination du Sénégal par la Guinée équitoriale, pays co-organisateur de la CAN montre que le Maroc devra se méfier de sa confrontation contre le Gabon.Pour le match de la dernière chance,  Eric Gerets va-t-il trancher dans le vif ?

Face au Gabon, le technicien belge  a décidé de remanier sa défense , le Brestois Ahmed El Kantari – fébrile contre la Tunisie – devrait retrouver le banc et Abdelhamid El Kaoutari être titulaire au côté de Medhi Benatia. Il n’y a pas que la défense qui fait polémique, le secteur offensif fait aussi débat.

Marouane Chamakh sera-t-il titulaire contre le Gabon ? L’attaquant marocain ne joue pas à Arsenal, il a un temps de jeu famélique chez les gunners. Est-il toujours compétitif ? Face à la Tunisie,  Il a manqué de réalisme, Gerets doit-il lui redonner sa chance ?Le fait que l’attaquant d’Arsenal soit tombé malade ces derniers jours va très certainement remettre en cause son statut de titulaire. Le joueur d’Al Hilal Ryad Youssef El Arabi serait alors en pôle-position pour le remplacer.

La sérénité ne règne pas au sein de l’équipe du Maroc, d’après le site passionfoot.ma, une ambiance délétère règne au sein du groupe : il y a tout d’abord eu des tension entre Gerets et Alem, le Président de la délégation marocaine sur la question des primes. Il y aurait aussi eu d’après des supporters une altercation entre Chamakh et Kharja à l’entraînement. Le match contre le Gabon est capitale, faute de quoi le Maroc risquerait de connaître le même sort que le Sénégal.

Visite d’État de Saad Dine El Othmani en Algérie

Il faut donner à la visite d’État du Ministre des affaires étrangères marocain Saad Dine El Othmani l’importance qu’elle revêt. En effet, le Chef de la diplomatie Marocaine est venu en Algérie sur l’invitation de son homologue Mourad Medelci. Le Ministre a aussi été reçu par le Président de la République Algérienne Abdelaziz Bouteflika : il faut l’interpréter comme un signal fort envoyé à l’adresse du Roi du Maroc, Mohamed VI.

Cette visite d’importance succède à celle du Ministre algérien de l’agriculture Rachid Benaissa à Rabat en Avril dernier. Il ne faut pas la sous-estimer. D’autant plus que cette visite d’État peut constituer une rampe de lancement pour la renaissance de l’Union du Maghreb Arabe. A ce propos, une réunion des Ministres des affaires étrangères de l’UMA est prévu à Rabat le 17 février prochain.

Le renforcement des coopérations sectorielles dans les domaines divers et variés comme l’agriculture, l’énergie ou encore les télécommunications est prévu. Enfin, des rencontres bi-annuelles entre les ministres des affaires étrangères seront programmées pour évaluer l’état d’avancement des différents dossiers ainsi que la mise en place de commissions mixtes spécialisées .

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