Nicolas Sarkozy, VRP du Qatar ?

Le Financial Times a lancé un pavé dans la marre en révélant que le Qatar aurait proposé à Nicolas Sarkozy d’être à la tête d’un fonds spéculatif doté de 500 millions d’euros. Cette information a été reprise cette semaine par le quotidien économique français Les Echos mais faut-il réellement croire à la conversion définitive de l’ancien président  dans les affaires ?

Certes, Nicolas Sarkozy entretient d’excellentes relations avec le Qatar, certes, Nicolas Sarkozy a ouvert la voie aux investissements du petit émirat en France, certes Nicolas Sarkozy a toujours déclaré vouloir gagner beaucoup d’argent après sa carrière politique. Toutefois, il ne faut pas accorder autant de valeur à cette information. En effet, il y a quelques mois, une rumeur de cette nature circulait déjà annonçant que l’ancien président s’apprêtait à lancer un fonds doté de 1 milliard d’euros avec Alain Minc.  Celle-ci a immédiatement été démentie par l’entourage du président.

Animé par un sentiment de revanche, Nicolas Sarkozy reviendra à la politique "par devoir". Il ne faut surtout pas le croire lorsqu’il déclare que la politique lui procure un « ennui mortel » car le combat politique, c’est son moteur et sa passion. En 2017, il sera très probablement le candidat de la droite pour barrer la route à François Hollande. De plus, il est requinqué par les différents sondages qui lui sont presque tous favorables et son entourage travaille à ce que les Français n’oublient pas celui qui pendant cinq ans aura été leur président.

OBAMA 2

Carte des tweets racistes aux Etats-Unis après la réélection d’Obama

Barack Obama vient d’être réélu Président des Etats-Unis d’Amérique. Sa réélection, il la doit, en partie, d’un point de vue statistique, au vote des minorités qui a été décisif. Plus de neuf électeurs noirs sur dix ont votés pour le candidat démocrate. Et  plus de sept latinos sur dix ont mis un bulletin Obama dans l’urne.

L’autre enseignement de ce vote, c’est que la réélection de Barack Obama ne va pas entraîner l’Amérique vers une société post-racial. Les très nombreuses réactions hostiles et racistes à la réélection du premier Président noir de l’histoire des Etats-Unis nous rappellent que la fracture raciale existe bel et bien en Amérique. Cependant, à la lecture des chiffres, il faut se garder de tirer des conclusions hâtives : Obama n’aurait pas de problèmes avec le vote "blanc". Pour deux raisons. La part de ce vote dans l’électorat global diminue depuis le début des années 80. Par ailleurs, le candidat démocrate enregistre autant de voix "blanches" en 2012 que Bill Clinton en 1992 (39 %)  et fait mieux que Jimmy Carter en 1980 ( 36 %) .

Vu de France, cette élection nous apporte d’autres enseignements. La crise n’explique pas, à elle seule, la défaite de Nicolas Sarkozy. Et la Droite devra sérieusement réfléchir à l’impact du vote ethnique dans le résultat d’une élection. Aux Etats-Unis, seul un électeur "non-blanc" sur dix a voté Républicain. Ce chiffre nous rappelle l’impact du vote musulman qui avait largement profité à François Hollande en mai dernier(d’après le Cevipof, 93 % des français musulmans inscrits avaient votés pour le candidat socialiste). Ces résultats, en France et aux Etats-Unis, nous éclaire aussi sur le lobbying actif que mène la Droite contre le projet de loi sur le vote des étrangers. A l’avenir, la Droite ne pourra plus continuer de fermer les yeux sur les transformations de la société française. Si elle opte pour la même stratégie que les Républicains aux Etats-Unis, à savoir parler aux français à travers le prisme du conservatisme, elle sera alors condamnée à perdre.

Faut-il dissoudre le Conseil Français du Culte Musulman ?

Mosquée de Paris – Paris

Une information d’une importance capitale est passée inaperçue cet été : la démission du recteur de la Grande mosquée de Paris Dalil Boubekeur  du Conseil Représentatif du Culte Musulman le 11 Juillet dernier. Cette défection fait suite à celle de l’Union des Organisation Islamique de France  l’année dernière.

Imaginé par Jean-Pierre Chevènement en 1999, le CFCM devient réalité en 2002 grâce au  volontarisme du ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy.

La réaction de Nicolas Sarkozy à cet exploit était la suivante « L’objectif est assez simple. Faire sortir l’Islam qui est la deuxième religion de France de la clandestinité. L’extrémisme se nourrit d’un Islam des caves et des garages. L’Islam et la République ont tout à gagner à la transparence ».

Le CFCM devient alors une fédération  de divers  courants seule habilité à discuter avec l’Etat : la Grande Mosquée de Paris, l’UOIF et le RMF (Rassemblement des Musulmans de France). Amputé de deux membres essentiels, le CFCM n’a aujourd’hui plus aucune raison d’être. Quel intérêt à conserver une institution qui ressemble de plus en plus à une coquille vide ? Contesté par Dalil Boubakeur pour sa « gouvernance autocratique », Mohammed Moussaoui, le Président du CFCM, donne l’impression d’être un capitaine de pédalo face aux violentes tempêtes qui secouent l’Islam de France. En effet, le CFCM a toujours été à contretemps des crises qui ont secoués l’Islam de France ces derniers mois.

Manuel Valls, le Ministre de l’intérieur, fustige les comportements égoïstes mais se refuse à suivre les pas de Nicolas Sarkozy en se mêlant des affaires internes des religions.

Sur la scène internationale, Hollande ne peut pas rester normal

Bousculé par Nicolas Sarkozy sur la question syrienne, François Hollande devra – très certainement – sur le plan international retravailler sa posture.  Sur la scène  internationale,  le Président de la République Française ne peut pas incarner une Présidence normale.  En effet, François Hollande a face à lui des pointures comme Barrack Obama, Vladimir Poutine ou encore Angela Merkel.

 Si François Hollande ne bouscule pas ses codes, il souffrira toujours de la comparaison avec son prédécesseur. Nicolas Sarkozy a mis du temps à se forger une stature présidentielle  mais sur la scène internationale, l’ancien Président a toujours fait preuve d’une grande énergie et d’une grande pugnacité. Même si les affaires internationales impactent peu les courbes de sondage en France, la posture du Chef de l’Etat à l’étranger est importante pour les français.

La sortie de Nicolas Sarkozy n’a aucune valeur car l’ancien Président est hors-jeu. Dorénavant, il ne fait plus partie de la vie politique française. Concernant la stratégie à adopter, François Fillon, en pôle-position pour représenter la droite en 2017,donne la marche à suivre à l’actuel locataire de l’Elysée. Sur son compte twitter, l’ancien Premier Ministre écrit :

Les critiques de la droite à l’égard de François Hollande restent toutefois surprenantes. En effet, il n’y a pas véritablement de rupture entre la ligne politique de Laurent Fabius et celle d’Alain Juppé.

Présidentielle 2012 : Le vote musulman continue de susciter le débat

Au soir de sa défaite, Nicolas Sarkozy a très certainement livré l’un de ces meilleurs discours de Président : « Donnons l’image d’une France ouverte, d’une France qui ne regarde pas l’autre comme un adversaire ou comme un ennemi [...]»,le candidat de l’UMP a prononcé un discours humaniste qui tranchait avec le ton virulent de sa campagne. Il semble – malgré tout – que les consignes de l’ex-Président soient restées lettre morte.  Mauvaise perdante, la Droite continue de chercher des bouc-émissaires. La première polémique a été balancée sur la place publique par Nadine Morano qui a vue à Bastille « beaucoup de drapeaux étrangers» Le soir du sacre de François Hollande, il y avait en effet des drapeaux, beaucoup de drapeaux : des drapeaux de la révolution syrienne ainsi que des drapeaux palestiniens, algériens, marocains, tunisiens. Il flottait un air de victoire de coupe du monde 1998 à Bastille. Il y avait aussi des drapeaux arc-en-ciel, des drapeaux bretons et beaucoup de drapeau du Front de Gauche.

La deuxième polémique émane du vote musulman : d’après une étude du Cevipof, 93 % des français de confession musulmane ont déposés dans l’urne  une enveloppe avec un bulletin François Hollande. Même si l’abstention a été plus forte dans cette catégorie d’électeur par rapport au reste de la population, il n’en reste pas moins que la proportion est considérable. Sur France Info, Patrick Devedjian a dénoncé un vote  « communautaire » qui demande selon lui « réflexion » car « c’est important et grave». Cette déclaration est un déni de démocratie. Ce chiffre de 93 % exprime surtout le rejet d’un homme et d’un discours.  Un discours qui s’est nettement durci dans l’entre-deux tours. D’ailleurs, à l’annonce de la défaite de Nicolas Sarkozy, beaucoup de français de confession musulmane ont manifestés leurs soulagements.

A l’automne 2011, Henri Guaino, la plume de l’ex-Président avait prévenu « Si on fait une campagne sur la division des français, les uns contre les autres, Parti Socialiste contre l’UMP… Ou pire, si on fait la guerre aux pauvres, si on fait la guerre aux musulmans, on perdra. Le candidat qui fera ça perdra. La défaite morale précède toujours la défaite politique». Visiblement, pour les législatives, l’UMP semble vouloir emprunter le même chemin que lors de présidentielles : un chemin qui les a mené droit dans le mur.

Pourquoi Nicolas Sarkozy A Perdu

Inutile d’accabler un homme qui – aujourd’hui – est à terre. Mais faire l’analyse de la défaite du 7ème Président de la 5ème république reste nécessaire. Décryptage.

Une mauvaise campagne :

Nicolas Sarkozy a perdu l’élection présidentielle. C’est le résultat d’une campagne qui – du début à la fin – a été mauvaise. Entre 2007 et 2012, il y a eu la campagne révolutionnaire de Barack Obama. Comment les équipes de campagne de Sarkozy ont-elles pu passer à côté de ce phénomène ?  En 2012, il ne suffit pas de faire un très beau site internet et des meetings en plein-air pour remporter une élection. Plusieurs fautes graves ont été commises. Tout d’abord, le slogan et l’affiche de campagne :  ces éléments n’ont pas contribués à donner une image plus forte de Nicolas Sarkozy. Au contraire. La France Forte est un slogan plat et creux. Et que dire de l’affiche de campagne qui a été sujette à beaucoup de railleries et de détournements sur le net. Comment des professionnels de la communication ont-ils pus valider une telle affiche et un tel slogan ? Par ailleurs, le clip de campagne de Sarkozy n’était pas non plus à la hauteur des enjeux : il ne véhiculait pas d’émotions si ce n ‘est rappeler les mauvaises ondes de la crise. Le clip de campagne de François Hollande était – quant à lui – beaucoup plus travaillé et soigné. Et comment vouloir gagner une élection de cette envergure quand dans son comité de soutien, on compte des vedettes du passé qui n’ont même pas de pages facebook comme Nadine TrintignantEnrico MaciasVéronique Genest ou encore Claude Lelouch. Sur les réseaux sociaux et notamment twitter, la dynamique était clairement du côté du candidat socialiste. Plus jeune, plus vivante, plus dynamique, plus musicale : la campagne de Hollande était nettement meilleure.

Une très mauvaise campagne de second tour :

Dans l’entre-deux tour, la folie du personnage a éclaté au grand jour. Trop agressif, trop brutal, Nicolas Sarkozy s’est dé-présidentialisé en chassant les voix du Front National. Le candidat de l’UMP qui voulait 3 débats  n’a pas été à la hauteur du seul débat qui l’opposait à François Hollande. L’ex-candidat de l’UMP a eu tort de sous-estimer son adversaire et de l’insulter : à plusieurs reprises, le Président sortant avait  accusé François Hollande de mentir. Laurent Fabius disait de Nicolas Sarkozy qu’il ne respectait pas ses adversaires, durant ce débat, l’ex-Président  a eu l’occasion de le démontrer. En 2007, lors du même exercice, il disait à Ségolène Royal « Pour être Président, il faut garder son calme », un conseil qu’il aurait dû se prodiguer à lui-même en 2012.

Un homme seul :

Pendant 5 ans, l’hyper-Président  a été entouré par une très mauvaise équipe gouvernementale et par une très mauvaise équipe de conseiller.  Nicolas Sarkozy s’est isolé dans sa tour d’ivoire et  a pris de mauvaises décisions. Pendant 5 ans, il a très mal gouverné, ce qui est très surprenant pour un homme qui a plus de 30 ans de vie politique derrière lui et qui, pendant son passage Place Beauvau avait toujours la capacité de sentir le pouls de la société française. Président, Nicolas Sarkozy a été à côté de la plaque. Le candidat de l’UMP en paie aujourd’hui les conséquences au prix fort. Nicolas Sarkozy a présidé seul. Il a aussi mené sa campagne seul, personne à l’UMP ne croyait en sa réélection.

 Le mensonge du message :

Nicolas Sarkozy s’est présenté durant toute cette campagne comme le candidat du peuple mais toute sa présidence a été conduite sous le signe du mensonge. Pendant 5 ans, il a été au service des plus puissants et des forces de l’argent. Pendant 5 ans,  il a méprisé le peuple quand il ne l’a pas mis à l’épreuve. Pendant toute sa présidence, sa parole  était en totale contradiction avec ses actes.

Une cabale médiatique contre lui :

Depuis Raymond Domenech, aucun personnage public en France n’a subi un tel déchaînement de violence et de haine :  Nicolas Sarkozy a littéralement été lynché par la presse. Souvent, les critiques étaient justifiées mais il y a parfois aussi  eu un profond délit de sale gueule. Hier soir, le candidat perdant a adressé aux journalistes un message indirect « François Hollande est le Président de la France et il doit être respecté. J’ai beaucoup souffert que l’institution que je représentais n’ait pas été respecté ».  

François Fillon disait hier soir : "l’histoire lui rendra justice". Peut-être. La France ne pourra très certainement pas s’absoudre de réformes économiques.  Ce Président atypique que les français aimaient détester va sûrement manquer à la France. Mais si Nicolas Sarkozy a perdu cette élection, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

L’Affaire Amine Bentounsi Devient Une Affaire D’Etat

Rue Jules Auffret - Noisy-Le-Sec

Homicide volontaire ou légitime défense ? Que s’est-il réellement passé samedi soir à Noisy-Le-Sec ? L’autopsie pratiquée sur Amine Bentounsi  dimanche a révélée que le jeune homme de 28 ans était mort d’une hémorragie provoquée par une balle qui l’a atteint dans le dos. Le gardien de la paix invoque la légitime défense mais à l’issue de sa garde à vue de 2 jours avec l’IGS (la police des polices), la justice n’a pas retenue la version du policier.

Le Parisien(26 Avril 2012)  relate l’histoire : Samedi, vers 20h30, on a signalé à la police sa présence près d’un bar de Noisy-Le-Sec. Ce que l’enquête a pu confirmer, c’est que quatre policiers se sont mis à la recherche du suspect. Quand ils se sont approchés de lui, Amine Bentounsi s’est débarrassé d’une grenade qui s’est révélée inoffensive, dont on ne sait s’il l’a ou non jetée vers les trois policiers qui le poursuivaient à pied. Le quatrième agent a fait le tour du bloc en voiture. Il aurait vu le fuyard devant lui qui l’aurait mis en joue. L’agent est alors descendu de sa voiture pour s’abriter derrière un fourgon.

 Le parquet – dans un communiqué – complète "le policier se retrouvait face à lui sur le trottoir opposé et, tandis que l’individu en fuite le visait en tendant son bras armé vers lui, il faisait feu à quatre reprises dans sa direction et le voyait tomber au sol". Le parquet n’est pas convaincu par cette version et pointe des contradictions parmi lesquelles celle de la balle mortelle qui a atteint la victime dans le dos "en région dorsolombaire paramédiane droite à 1.11 m de hauteur." L’enquête a également déterminée que Amine était armé d’un revolver mais il n’a pas tiré : son arme contenait six cartouches non percutées.

Le témoin clef de cette affaire – rapporte Carole Sterlé du journal Le Parisien – est un automobiliste qui se trouvait au feu rouge, à l’angle des rues Jules-Auffret et Abel-Bonnevalle. Selon le parquet, il "a relaté avoir assisté à une scène de course-poursuite sur le trottoir situé à sa droite, au cours de laquelle un homme faisait feu en direction d’un fuyard." La voiture de ce témoin-clef a – d’ailleurs – été touchée par une balle au niveau du bas de caisse.

Feu Rouge à l'angle des rues Jules-Auffret et Abel-Bonnevalle - Noysy-Le-Sec

Cette affaire qui pourrait être relatée dans la rubrique fait divers des journaux est en passe de devenir une affaire d’Etat. Les policiers ont manifestés à Paris sur les Champs-Elysées et à Bobigny devant le tribunal pour contester la décision de justice à l’encontre de leur collègue de Seine-Saint-Denis. Il faut dire que le contexte actuel en France est explosif : le pays est  dans l’entre deux-tours d’une élection présidentielle ou l’extrême-droite a réalisé un score historiquement élevé. Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà choisi son camp : dans un discours d’une agressivité et d’une violence  inouïe aujourd’hui à Raincy, il a défendu les policiers de Seine-Saint-Denis et fustiger les caïds qui pourrissent la vie des habitants du 9-3 : "je suis du côté des fonctionnaires de la République."

Ferme sur les questions de sécurité, l’ancien premier flic de France – en position très défavorable pour sa réélection à l’élection présidentielle – a reçu une délégation de policier. En campagne pour ramener à lui les voix de Marine Le Pen, le Président-candidat a repris à son compte une mesure du Front National et proposé une présomption de légitime défense pour les policiers : "Je demande que le droit de la légitime défense évolue dans un sens plus protecteur pour les policiers et les gendarmes. Il doit y avoir une présomption de légitime défense. Dans l’Etat de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan le policier dans l’exercice de ses fonctions et le délinquant dans l’exercice de ses fonctions à lui." La leader d’extrême-droite a saluée la décision du Chef de l’Etat en parlant de victoire idéologique. Cette décision montre surtout l’absence de ligne directrice chez le Président-Candidat : en janvier dernier, Claude Guéant   s’était opposé à une réforme qui donnerait "un permis de tirer aux policiers".

Cette affaire qui agite le monde politique révèle l’état piteux dans laquelle se trouve la démocratie française :   l’UMP a dénoncé la décision du parquet de Bobigny de ne pas faire appel de la décision de justice. Commenter une instruction en cours, c’est bafouer le principe d’indépendance de la justice.

Quelques semaines après la mort suspecte de Wissam El Yamni , ce nouveau décès vient jeter le trouble sur les méthodes de certains éléments de la  police française. Multirécidiviste, fugitif, français d’origine maghrébine, Amine avait le portrait-robot du délinquant honni par la droite ultra-conservatrice française. Au point de le tuer ? Amal Bentoussi, sa soeur dénonce une bavure policière.

Présidentielle 2012 : Le Qatar Vote Sarkozy

Meeting Nicolas Sarkozy - Place de la Concorde Paris

Au lendemain du 1er tour, le Président-Candidat Nicolas Sarkozy a diné avec quelques joueurs du PSG. Dans une campagne présidentielle, chaque rencontre, chaque déplacement a un sens. Il y a d’abord la passion, Nicolas Sarkozy est un fervent supporter du PSG. Il y a aussi le message politique : le Président sortant – catalogué Président des Riches – veut rassurer les sportifs à l’heure ou François Hollande veut lourdement imposer les hauts revenus. Il y a enfin le symbole, Nicolas Sarkozy est un ami de l’émir du Qatar Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani et il est personnellement intervenu pour encourager l’émirat à investir dans le club de la Capitale.

Le Qatar verrait d’un mauvais oeil l’arrivée de François Hollande au pouvoir. Le candidat socialiste limiterait dangereusement les grandes ambitions sportives du PSG, club dans lequel les qataris ont investis plus de 100 Millions d’euros depuis leurs arrivées. François Hollande bloquerait sûrement le fonds d’investissement pour les banlieues pour des motifs discriminatoires. Enfin, François Hollande contiendra drastiquement la boulimie effrénée des investisseurs qataris en France. Si François Hollande gagne, les relations entre les 2 pays changeront radicalement d’un point de vue géopolitique. Même s’il na pas une expertise sur le plan international, le socialiste prendra très certainement ces distances avec un pays qui joue un rôle controversé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis le soulèvement des peuples arabes.

Présidentielle 2012 : Les Résultats du Premier Tour En Israël et en Palestine

Les élections présidentielles de 2012 ont mobilisés les français. Y compris les français de l’étranger. Il est très intéressant d’observer les résultats au Proche-Orient. La région reste la plus explosive  du monde : la Syrie est déchirée par une guerre civile, Israël se prépare à attaquer l’Iran et  le processus de paix est au point mort. A l’heure ou la région peut s’embraser à tout moment,  comment ont votés les Français d’Israël et de Palestine ?

Avantage Nicolas Sarkozy en Israël. C’est un plébiscite pour le Président-candidat. Il enregistre plus de 80 % de voix en Israël. François Hollande arrive en seconde position et très loin derrière avec 8 % des voix. François Bayrou complète le podium avec un score de 7,85 % . Ces résultats sont surprenants dans la mesure ou Nicolas Sarkozy s’était prononcé en faveur de la reconnaissance de l’état Palestinien à l’ONU en qualité d’Etat observateur.Ce résultat est d’autant plus surprenant que l’actuel Président Français entretient des relations exécrables avec le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahou.

Probablement, les français d’Israël veulent laisser les clefs du pouvoir à un homme qui a toujours dit qu’il ferait tout pour protéger l’Etat hébreu. Nicolas Sarkozy sera  un allié inconditionnel d’Israël dans le cas ou une guerre éclaterait contre l’Iran. Il faut malgré tout relativiser la portée de ce résultat : le taux d’abstention des français d’Israël est de 85 %. Seulement 9 452 votants se sont déplacés dans les urnes pour un total de 62 611 inscrits.

Avantage Jean-Luc Mélenchon à Ramallah. Avec 33 % des voix, le candidat du Front de Gauche arrive en tête en Palestine et dans les territoires occupés. Il devance respectivement François Hollande et Nicolas Sarkozy. Le Parti Communiste Français a toujours soutenu le peuple palestinien et condamné la politique agressive d’Israël. Il faut toutefois relativiser la portée de ces résultats. Seul 54 votants se sont exprimés et avec seulement 213 inscrits, le bureau de Ramallah ne peut pas être forcément représentatif d’une tendance .

Source : Ambassade de France en Israël & blog Nicolas Falez

Marine Le Pen Capitalise Sur L’Affaire Merah

Marine Le Pen - Premier Tour Présidentielle 2012

L’affaire Mohamed Merah a donc influé sur le vote des français lors du premier tour des élections présidentielles.   Près de 6,5 millions de français ont mis un bulletin Marine Le Pen dans l’urne. Un score astronomique !

Pourtant, la candidate de l’extrême-droite ne s’est pas particulièrement illustrée durant ces élections. Elle a même été largement éclipsée par le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon qui s’est révélé durant toute cette campagne. Une personnalité fade et sans charisme, un discours creux, une campagne moyenne : Marine Le Pen n’a pas marqué de son empreinte cette élection présidentielle. Alors, comment expliquer la surprenante percée de Marine Le Pen dans les urnes ce dimanche ?

Il est très complexe de faire une analyse politique du vote Front National. Le parti fondé par Jean-Marie Le Pen s’est toujours illustré lors des scrutins présidentiels mais en 2012, il réalise un score historique : 18,50 % des suffrages exprimés. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce vote que plusieurs responsables politiques qualifient de « vote de colère » : le racisme intrinsèque d’une frange de la population française, la crise économique, l’immigration, la peur de l’islam…

Très certainement, la campagne de Marine Le Pen a connu un avant et un après Mohamed Merah. Avant les évènements de Toulouse et Montauban, Marine Le Pen parlait du fondamentalisme musulman sans réellement marquer les esprits. Depuis l’affaire Merah, sa campagne a pris une autre dimension et sa croisade anti-musulman a visiblement rencontré un large écho au sein de l’électorat. « Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions qui chaque jour arrivent en France remplis d’immigrés ? » « Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ? » a-t-elle inlassablement répétée dans les meetings ou les médias.

Il y a clairement  eu une récupération politique de l’affaire Merah. Le Grand Reporter Helbert Frederic, sur son compte twitter rapporte les propos d’un député UMP « La gestion politique de l’affaire Merah a pesé lourd… Nicolas Sarkozy et Claude Guéant devaient siphonner les voix du Front National, ils ont été les meilleurs VRP de Marine Le Pen. »

Désormais, ce ne sera pas une campagne républicaine entre la gauche et la droite classique mais une guerre entre la Gauche et l’extrême-droite. Le second tour entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sera beaucoup plus serré que laissent entendre les sondages . Et le Président-Candidat Nicolas Sarkozy sait très bien que Marine Le Pen sera l’arbitre de sa victoire ou de sa défaite.

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