La joie des Palestiniens, la colère des Etats-Unis, la fureur d’Israël

Source Al Jazeera

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Source Canal +

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Mahmoud Abbas a réussi son pari, la Palestine est devenue hier soir Etat non membre permanent à l’ONU. Ce jour  restera à jamais graver dans l’Histoire de ce pays.

Au siège des Nations Unis à New York hier soir,  deux fortes images contrastaient. Côté Palestinien, c’était la liesse. Côté israélien, le visage décomposé de l’ambassadeur permanent à l’ONU Ron Prosor laissait deviner le désarroi profond de l’Etat hébreu. Ce vote est vécu par Israël comme une humiliation.

Pour les Etats-Unis, la pilule est également dure à avaler. La diplomatie américaine a subi un puissant revers. Hillary Clinton a estimé que la décision de l’ONU est « regrettable et contre-productive ». Et de compléter «Nous avons clairement indiqué que seul des négociations directes entre les deux parties peuvent aboutir à la paix ».

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. La diplomate Susan Rice, que l’on présente comme la successeur d’Hillary Clinton, a pesée de tout son poids pour empêcher l’inéluctable victoire des Palestiniens.

Enfin, cette vote signe la victoire du monde arabe, qui pour la première fois, a réussi à parler d’une seule et même voix.

  • Plus : la liste des neuf pays qui ont votés NON au nouveau statut de la Palestine

Israël , les Etats-Unis, le Canada , la République Tchèque, le Panama et les îles Pacifiques :  les Iles Marshall, la Micronésie, Nauru et Palau.

Palestine 194

Sauf improbable coup de théâtre, l’ONU reconnaîtra ce soir la Palestine en tant que 194ème  Etat avec le statut particulier d’observateur non membre. Que retenir de cette journée qui restera dans l’Histoire ?

  • LA DEFAITE D’ISRAEL

Affaibli par la guerre contre Gaza, Israël risque d’encaisser une nouvelle défaite sur le plan diplomatique. L’Etat Hébreu pense néanmoins, comme le montre cette vidéo réalisée par l’ambassade d’Israël aux Etats-Unis, que cette décision ne changera rien sur le terrain des négociations.

  • OUI / NON

Le vote de la résolution de l’ONU met en évidence la fracture qui existe au sein des pays de l’Union Européenne sur les questions diplomatiques. La France, la Belgique, l’Espagne, la Suède, la Suisse ont dit OUI. L’Allemagne et l’Angleterre NON. En choisissant de dire OUI, la France ne fait pas d’entorse à la tradition pro-arabe du Quai d’Orsay. La France n’a pas fait de vague sur cette question mais Pouria Amirashi, député des Français de l’étranger, avec sa campagne de soutien via le hashtag #Palestine194, a fait le buzz.

  • L’AVENIR ?

Cette victoire, éminemment symbolique, n’effacera pas les problèmes. Le processus de paix est au point mort, la tentative de médiation du quartette a échoué et Israël poursuit inlassablement sa politique de colonisation de la Cisjordanie. Et côté Palestinien, l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas et le Hamas continuent de s’entre-déchirer.

Syrie : Medelci détache l’Algérie de la Ligue Arabe

Alger - 15/20/2012

Comme lors de la crise libyenne, des drapeaux algériens brulent en Syrie. Comme lors de la crise libyenne, la position de l’Algérie est critiquée sur la Syrie. Lors d’une conférence de presse, le Chef de la diplomatie algérienne a donné son avis sur l’épineuse question syrienne. Verbatim :

L’Algérie a adhéré au processus de médiation de la Ligue Arabe de manière immédiate et totale. Et l’espoir de l’Algérie est que la solution à la question syrienne soit trouvée au sein de la ligue arabe et en relation avec la Syrie. Et donc, toutes volonté de sortir de cette espace est considéré comme étant un élément de réserve de la part de l’Algérie. Et l’Algérie avait déjà exprimé une réserve sur le point 7 de la décision de la ligue arabe. Ce point 7 qui est recommandé que le Conseil de Sécurité soit saisi pour appuyer la Ligue Arabe et à l’époque, nous n’avions pas compris exactement qu’elle était le but de cette exercice. Et nous avons donc plusieurs raisons d’émettre des réserves sur cette saisine du Conseil de Sécurité. Cette initiative arabe a pour objectif d’abord de mettre la ligue arabe dans une position de médiation entre les autorités syriennes d’une part et l’opposition syrienne d’autre part. Nous ne pouvons pas atteindre ces objectifs si d’un côté le gouvernement syrien ne s’exprime pas clairement sur cette volonté d’entrer dans un dialogue inclusif et nous ne pourrons pas non plus atteindre cet objectif si l’opposition syrienne est divisée comme elle l’est aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle la position de l’Algérie a été de dire que nous devons faire pression sur le gouvernement syrien d’accepter le dialogue mais nous devons en même temps faire pression sur l’opposition syrienne pour que il y ait entre elle des éléments de coordination qui permettent à cette opposition d’être partie prenante à un dialogue sans que nous fassions preuve de précipitation pour isoler , séparer certains éléments de cette opposition. Reconnaissant les uns et ne reconnaissant pas les autres. La position de l’Algérie  est donc une position qui souhaite que l’opposition syrienne puisse se mettre autour d’une table sous l’égide de la Ligue Arabe et que l’ensemble des éléments de cette opposition soit représentés. 

A priori, cette prise de position peut paraître cohérente. L’Algérie s’était déjà opposée à une ingérence occidentale en Lybie et la tournure des évènements semble lui avoir donner raison.  La Libye est devenu profondément instable depuis   l’intervention de l’OTAN et la chute de Kadhafi .Toutefois, il ne faut pas avoir la même grille de lecture en Syrie. Mourad Medelci se trompe lourdement et commet des fautes :

  • Faute morale : Le régime syrien massacre son peuple. Bashar Al Assad est même soupçonné de crimes contre l’humanité. A ce sujet, le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki Moon prévient : "Plus le débat dure longtemps, plus de gens mourront." Le vote par l’assemblée générale de l’ONU de la résolution exigeant la fin des violences en Syrie est à ce sujet révélatrice de l’erreur du Ministre Algérien.
  • Faute stratégique : En exprimant ce point de vue, Mourad Medelci fragilise la Ligue Arabe et se désolidarise de son Secrétaire Générale Nabil Al-Arabi. Par ailleurs, Mourad Medelci prend le risque de brouiller l’image de l’Algérie et d’associer l’Algérie à des pays très critiqués comme la Russie  et la Chine.
  • Faute Historique : Le sens de l’Histoire en Syrie, c’est le changement de Régime.Quelqu’en soit le prix à payer pour les Syriens, le pays doit définitivement tourner la page Bashar Al Assad.

Le coordinateur humanitaire des Nations Unies accable Israël

Maxwell Gaylard, le coordinateur humanitaire des Nations Unies pour les territoires palestiniens occupés a remis aujourd’hui un rapport accablant sur les pratiques des autorités israéliennes en Cisjordanie occupé. Le haut fonctionnaire de l’ONU a lancé un appel pour un arrêt immédiat des démolitions des maisons palestiniennes par les autorités israéliennes en Cisjordanie occupé.

Dans son rapport, Maxwell Gaylard témoigne  que lors d’une visite dans le village d’Anata dans la banlieue de Jérusalem, il a vu les ruines de 7 maisons palestiniennes démolies dans la semaine. Il s’est entretenu avec les représentants des familles déplacées et a appris  que des bulldozers et des troupes de l’armée israélienne sont arrivés dans la nuit du 23 janvier 2012 : 52 personnes parmi lesquelles 29 enfants avaient été chassés de leurs maisons avant de les détruire complètement.

En 2011, 622 foyers appartenant à des familles palestiniennes ont été détruites de la sorte et 1100 personnes ont été déplacées dont la moitié était des enfants. Cette politique désastreuse a eu un impact sur la vie de milliers de palestiniens complète le rapport. Le coordinateur de l’ONU rapporte que ces chiffres constituent une augmentation dramatique par rapport aux dernières années. D’après le rapporteur, ce n’est pas fini, des dizaines de milliers de palestiniens restent sous la menace de dépossession, de démolition et de déplacement.

Maxwell Gaylard rappelle l’État Hébreu à ces responsabilités : Israël comme Puissance Occupante a la responsabilité de protéger les droits fondamentaux de la population civile palestinienne sous son contrôle et d’assurer leurs dignités et leurs bien-être. La destruction systématique des maisons et des moyens de subsistance des palestiniens n’est pas compatible avec cette responsabilité…

Ce travail nous montre à quel point l’ONU a une importance immense pour rendre le monde un peu plus meilleur qu’il ne l’est aujourd’hui. Dénoncer les injustices qui existent en Palestine donne toute sa noblesse à cette institution et discrédite beaucoup ceux qui veulent nuire à son intégrité. La tentative du Président américain Barack Obama pour affaiblir cette institution suite à l’adhésion  de la Palestine à l’Unesco montre que le Prix Nobel de la Paix de l’année 2009 est à des années-lumières de l’espoir qu’il suscitait.

ONU : LA SURPRISE SARKOZY

"Nous n’avons pas le droit de décevoir l’espérance des peuples arabes" | Nicolas Sarkozy | 22 Septembre 2011, New York.

Nicolas Sarkozy a créé la surprise à l’ ONU en se prononçant pour la création d’un État palestinien avec un statut particulier d’État observateur.  Longtemps, le Président français a été hésitant sur la décision à prendre.

Vu de France. Il y a tout d’abord la tradition pro-arabe du Quai d’Orsay. On peut se rappeler que la France est le pays qui a accueilli Yasser Arafat pour ces derniers jours.Ensuite, il y a l ‘opinion publique française qui est favorable à la création d’un État Palestinien. Et Nicolas Sarkozy ne peut pas l’ignorer.

En ligne de mire, l ‘ élection présidentielle de 2012 : la France compte un nombre important de français d’origine arabe très sensible à cette question. Mais Nicolas Sarkozy doit – aussi – ménager une partie de la classe politique française de gauche ou de droite pro-israëlienne.

Conflit Israëlo-Palestinien. Le challenge de Nicolas Sarkozy est de ne pas importer le conflit israëlo-palestinien sur le territoire français et de raviver les tensions entre les communautés juives et arabes. Il se devait donc de proposer une solution intermédiaire politiquement acceptable pour tout le monde en France.Sur le plan international, il veut profiter de l’échec diplomatique de Barack Obama sur cette question et  incarner une nouvelle voie.

Pro-Arabe. A l’instar de son prédécesseur, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy est-il subitement devenu pro-arabe ? La réponse est claire : non. La sécurité de l’État d’Israël est – pour lui – primordiale. Cependant, il prend soin de ne pas froisser l’opinion publique arabe.

ONU : LE JOLI COUP DE ABBAS

La Palestine a occupée toute l’espace médiatique cette semaine.Le forcing de Mahmoud Abbas pour remettre la Palestine au cœur de l’actualité diplomatique et médiatique a donc réussi.

En plus d’avoir rencontré les plus grands dirigeants du monde ( Obama, Sarkozy) , Abbas a plaidé pour la cause palestinienne à l’ONU et a bénéficié d’une ovation. Enfin,  le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu a demandé à le rencontrer : signe que la manœuvre palestinienne ne laisse plus personne indifférent.

LE MENSONGE OBAMA

Le lobbying suractif des américains à l’ONU pour empêcher  la création d’ un État Palestinien mettent Barack Obama en total contradiction avec son discours du Caire.

En pleine révolution arabe et 10 ans après les attentats du 11 septembre 2001, cette posture – irresponsable – contribuera très certainement à alimenter l’anti-américanisme dans le monde arabo-musulman. En cherchant à dissuader Mahmoud Abbas de déposer sa demande à Ban-Ki Moon pour la création d’un état palestinien, Obama légitime l’impunité dont fait preuve Israël depuis plusieurs années.

Depuis sa prise de fonction en 2008, le Président américain ne s’est jamais réellement impliqué dans la résolution du conflit Israelo-palestinien et suit les traces de son prédécesseur George W. Bush : l’homme quiau nom de la guerre contre le terrorismea définitivement rompu les relations entre l’Amérique et le monde arabo-musulman. Une voie qu’emprunte désormais Obama.


PALESTINE’S RIGHT

Découvrez l’initiative Palestine’s Right pour que la Palestine soit considérée comme la 194ème état membre de l ‘ ONU. L’initiative a le mérite d’exister et de faire parler d’elle.

Cependant, la création d’un État Palestinien portée par Mahmoud Abbas n’a presque  aucune chance d’aboutir. Les États-Unis opposeront leurs vétos à la demande des Palestiniens.

redaction@laruearabe.com

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