
Le Paris Saint-Germain version Qatar fête ses 1 an : l’occasion de faire le bilan. Le PSG a terminé la saison 2011/2012 deuxième du championnat de France derrière Montpellier, quatorzième budget de ligue 1. Champion d’automne, le PSG a investi près de 105 millions d’euros sur le marché des transferts. Autant dire que la fin de saison n’a pas vraiment été un succès malgré l’arrivée de Carlo Ancelotti au dernier mercato. Paris jouera la Champion’s League la saison prochaine et pour un club qui n’a pas entendu vibrer la musique de cette compétition dans son stade depuis le 7 décembre 2004 (PSG – CSKA Moscou ; 1-3), c’est – en soi – une belle réussite. L’investissement est-il pour autant judicieux ? QSI est-il en train de réussir son pari ? Analyse.
OUI
PARIS EST MAGIQUE
Paris est la capitale de la France et le PSG, l’une de ces plus belles vitrines. Au même titre que le musée du Louvre, la Tour Eiffel ou encore les Champs-Elysées. En France, c’est avec l’OM, le club le plus médiatique.
NASSER EL KHELAÏFI, LE NOUVEAU BERNARD TAPIE
Nasser El Khelaïfi est le nouveau Bernard Tapie dans le sens où il fait rêver les supporters. Bernard Tapie avait cette particularité de ramener sur la canebière de grands joueurs : Papin, Waddle, Pelé (Abedi). A chaque mercato, le PSG est – depuis 1 an – un acteur majeur du marché des transfertsen Europe. Le transfert de Lavezzi est presque entériné que l’on parle déjà de Zlatan Ibrahimovic.
Par ailleurs, Nasser El Khelaïfi prend de plus en plus ses aises dans le costume de Président du PSG et goute au prestige que lui confère la fonction. Respecté par ses pairs, il a reçu le titre de meilleur dirigeant sportif de l’année 2011. Il a même étét reçu par Noël Le Graët, Président de la fédération française de football. Président du PSG, Nasser El Khelaïfi est aussi Président de Be In Sport. Il aime s’exposer sur la scène médiatique mais apprendre le français ferait grimper sa côte de popularité. Bernard Tapie a marqué les années 90, Jean-Michel Aulas, les années 2000 et Nasser El Khelaïfi marquera de son empreinte les 10 prochaines années.
NON
TERRE DE FOOTBALL
La France n’est pas une terre de football. Ce n’est pas le Brésil, l’Argentine, l’Italie ou l’Espagne. Il n’y a pas vraiment de grande ferveur populaire autour du football en France. Le pays n’a gagné qu’une seule coupe d’Europe des clubs champions (ndlr : OM en 1993) et une seule coupe du monde en 1998.
ATTRACTIVITÉ
Au niveau européen, le championnat de France n’est pas compétitif. Les meilleurs joueurs français évoluent à l’étranger et les clubs des deuxièmes et troisièmes grandes villes du pays sont en difficultés sportives et financières. Lyon et Marseille ne disputeront même pas la champion’s league la saison prochaine. De plus, le championnat de France vient de perdre son meilleur joueur, Eden Hazard transféré à Chelsea. De plus, la ligue 1 n’est pas un championnat attractif, les propos de Javier Pastore sont à cet égard symptomatiques de cette idée : en décembre 2011, il déclarait vouloir jouer dans un plus grand club que le PSG. La mise en place de l’impôt Hollande sera aussi dissuasif pour attirer en France les meilleurs joueurs du monde. Peu de compétitivité, peu de spectacle, peu d’enjeu donc peu d’audience, voilà la réalité du championnat de France. Avoir un impact mondial sera aussi difficile pour un club qui évolue dans un championnat sous-coté : la ligue 1 est à des années-lumière de la Premier League anglaise, le championnat le plus spectaculaire du monde. Seules des performances exceptionnelles en Champion’s League pourront donner une aura mondial au PSG.
ACCROÎTRE LES REVENUS
Gagner de l’argent avec le PSG ? Nasser El Khelaïfi semble vouloir gagner de l’argent avec le PSG mais il n’y a pas d’argent dans le football. Hormis Manchester United, aucun autre club de foot ne gagne de l’argent de façon régulière. Encore moins en France ou le merchandising n’est pas très développé. Et pourtant, pour répondre aux exigences du fair-play financier, Paris devra générer des recettes nouvelles. QSI pourra-t-il alors remodeler le club à son image ? L’exubérance des hommes d’affaires du Moyen-Orient se heurtent déjà aux réalités complexes de la France. En Angleterre, détruire le mythique stade d’Highbury pour construire sur le même site le majestueux Emirates n’est pas un problème. Moderne, les anglo-saxons sont pragmatiques et aiment aller de l’avant. La France est un pays beaucoup plus conservateur et les résistances au changement sont très fortes. Nasser El Khelaïfi ne pourra jamais détruire le Parc des Princes pour reconstruire une enceinte de 60.000 personnes. Les Qataris devront avoir à l’esprit que tout ne s’achète pas en France : les français sont un peuple rebelle et les obstacles à leurs dessins seront très nombreux.
BILAN
L’essence du football, c’est de gagner des titres et d’attirer les meilleurs joueurs : il aura fallu 9 ans et 1 milliards d’investissement à Roman Abrahamovic pour gagner la Champion’s League. Il n’y a pas de conclusions à tirer sur le rachat du PSG par le Qatar pour le moment. Il faudra plusieurs années pour évaluer leurs actions. Au départ, les qataris aiment toujours s’entourer des meilleurs pour ensuite, prendre l’intégralité du commandement. Cette stratégie a mené à la catastrophe un club comme Malaga, également dirigé par des qataris : Fernando Hierro a démissionné de sa fonction de manager général et les joueurs n’ont pas été payés depuis plusieurs mois. Et pour Paris ? Les hommes d’affaires du Moyen-Orient ne sont pas des philanthropes : ils ont des visées mais lesquels sont-ils ? Faire seulement connaître le petit émirat du Qatar avant la coupe du monde 2022 ou tout révolutionner pour faire du PSG une grosse machine à cash ? On en saura un peu plus dans les prochains mois…